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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 23:17

En 2003, après La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand a lancé avec Sibylle d'Orgeval et Baptiste Rouget-Luchaire le projet "6 milliards d'Autres". 5.000 interviews ont été filmées dans 75 pays par 6 réalisateurs partis à la rencontre des Autres.

Du pêcheur brésilien à la boutiquière chinoise, de l'artiste allemande à l'agriculteur afghan, tous ont répondu aux mêmes questions sur leurs peurs, leurs rêves, leurs épreuves, leurs espoirs :
Qu'avez-vous appris de vos parents ?
Que souhaitez-vous transmettre à vos enfants ?
Quelles épreuves avez-vous traversées ?
Que représente pour vous l'amour ?...

Une quarantaine de questions essentielles permettent ainsi de découvrir ce qui nous sépare et ce qui nous lie. Ces portraits de l'humanité d'aujourd'hui, déjà partiellement accessibles sur le site www.6milliardsd'autres.org seront présentés au Grand Palais lors d'une Exposition du 10 janvier au 12 février 2009.

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Published by philippemugnier - dans Pub et copinage
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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 20:53

L’âme iconoclaste de l’Espagne s’est illustrée via Dali, celle de l’Italie via Fellini, la Française via Cocteau. Complétons cette famille de doux fabuleux par un détour en Arménie. Et si la « movida caucasienne » qui prend son envol depuis quelques années avait commencée par Parajanov ?

Coup de foudre au Musée Parajanov de Erevan/Arménie
www.parajanovmuseum.am. Suivez le guide…. Né le 9 janvier 1924 à Tbilissi en Géorgie, mort le 20 juillet 1990 à Erevan en Arménie, Sergey PARAJANOV est un réalisateur qui fut controversé en Union Soviétique, mais très défendu et apprécié par les cinéphiles occidentaux. Sans connaître la langue de ses ancêtres arméniens, ni leur pays, Paradjanov va graduellement s’éloigner de la grammaire soviétique pour élaborer une œuvre cinématographique en prise directe avec les traditions des régions caucasiennes où il tourne. Artiste pluriethnique, musicien, plasticien, peintre, il doit en partie sa tournure d’esprit au fait que son père, Iossif Paradjanian, était antiquaire. Un contact précoce avec les objets d’arts a façonné son imaginaire et son goût pour les collections. Il a inspiré sa pratique stakhanoviste des collages, qui tiennent à la fois de l’art conceptuel et du folklore naïf ; des films compressés en quelque sorte, que Paradjanov bricolait lorsqu’il ne pouvait pas tourner (en prison notamment). Sa vie et son art étaient mêlés. Sa maison familiale de Tbilissi, ouverte aux hôtes de passage, était un grand capharnaüm où s’entassaient décors, costumes et objets d’art hétéroclites. Ses films singuliers sont souvent influencés par la diversité ethnique de sa région natale le Caucase et mêlent réalité sociale, folklore, légendes et chamanisme. Si cet artiste hors catégorie jouit alors d’une certaine notoriété, c'est moins pour son œuvre que pour son statut politique. En décembre 1973, les autorités soviétiques le condamnent à cinq ans de travaux forcés. Paradjanov fait la une des journaux lorsqu’il est incarcéré en Ukraine en 1974 pour « commerce illicite d’objets d’art, homosexualité et agression sur la personne d’un fils de dignitaire du régime », les médias, les comités se mobilisent (en France, Yves Saint-Laurent, Françoise Sagan, et surtout Louis Aragon, montent au créneau). Le pouvoir reproche implicitement au cinéaste de promouvoir le nationalisme. À l’époque, il a déjà tourné l’essentiel de son œuvre : six longs métrages. Il ne passe que quatre ans en prison. Au sortir de sa détention, il réalise des collages et produit un grand nombre de dessins abstraits. Mais il sera à nouveau incarcéré. Ses divers séjours en prison s’achèvent en 1982. Il en revient malade (diabétique, cancéreux). Mais, soutenu par plusieurs intellectuels, il réussit à tourner deux films : La Légende de la forteresse de Souram (1985) et Achik Kérib (1988). La Légende de la forteresse de Souram est tirée d’une nouvelle du Géorgien Daniel Chonkadzé selon laquelle une forteresse ne peut être sauvée de la ruine que si un homme y est emmuré. Achik Kérib, tiré d’une nouvelle du poète russe Mikhail Lermontov, rappelle les contes des Mille et une nuits : un jeune troubadour pauvre tombe amoureux de la jolie fille d'un riche marchand. Pour pouvoir l’épouser il décide de faire fortune en parcourant le monde… Vous voulez sentir et comprendre le Caucase éternel tout autant que  l'Arménie cosmopolite ? Le Musée Parajanov doit être votre première visite dès votre sortie de l'aéroport de Erevan !

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Published by philippemugnier - dans Tour du Monde
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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 00:10

Je dois l’avouer, je suis un grand nostalgique des billets de 100 francs qui circulaient encore jusqu’en 2002 dans le monde entier avec la Marianne de Delacroix guidant le peuple vers la liberté. Par sa monnaie et son billet de 100 balles à la poitrine dévêtue, généreuse et décomplexée, la France exprimait alors ses valeurs de liberté et laïcité sans concessions. Quel plaisir que de penser que les plus prudes, conservateurs et intégristes ne refuseraient pas ce billet de fortune. L’argent n’a pas d’odeur…mais ses symboles véhiculent des valeurs et une posture de la France sensuelle. L’Hexagone revient là à ses fondamentaux identitaires et se trouve ré-énergisée pour conquérir le monde et propulser son idée de la féminité assumée et libérée et de la liberté proposée au monde globalisé. Depuis, de sinistres ponts et portes ont remplacé sur l’Euro les personnes jadis animées de pulsions révolutionnaires.

Plus proche de nous, février 2008, la CarlaBrunimania est à son comble et les 2 tourtereaux présidentiels se disent oui pour la vie. La France s’est retrouvée une nouvelle Marianne de la féminité, de l’élégance, de la générosité.  La communication d’Etat nous présente alors une République s’incarnant de nouveau via une Marianne libre, authentique. Le 19 juin 2008, Hervé NOVELLI, sous-ministre du tourisme peu connu pourtant pour ses positions libertaires présente avec fierté lors de la grande messe des Assisses Nationales du Tourisme  le nouveau logo d'Atout France, organisme d’Etat chargé de promouvoir l’Hexagone touristique à l’étranger. Une campagne internationale est annoncée pour l’automne. Les plus républicains se réjouissent d’imaginer la France promue dans le monde entier dont les pays les plus réactionnaires, à travers cette image réaffirmée d’une France féminine et affranchie via une Marianne sexy invitant au « Rendez-vous en France ». Le graphisme ne laisse place au doute : la France revient à sa Marianne d’origine, seins à l’air. Dans le logo réalisé par l’agence Carré Noir, on y voit en effet une Marianne – symbole féminin de la République française – regardant vers l’avenir, mais surtout nue pour qui sait bien regarder. La lettre F de France avec la barre de la lettre R forment son bras droit ; les traits arrondis du R, son sein droit vu de profil ; la A, son sein gauche vu de face ; et le N, son bras gauche. En-dessous, figure le slogan évocateur «Rendez-vous en France». Le groupe de travail composé de professionnels du tourisme et de la communication a tout d’abord organisé une réunion de réflexion pour déterminer les valeurs qui rendent la France unique. Résultats : la liberté (indépendance, créativité, imagination, audace, spontanéité, multitude de possibilités) ; l’authenticité (histoire, patrimoine, culture, naturel, vrai) ; la sensualité (plaisirs, hédonisme, épicurisme, amour, intensité, intuitivité, passion, féminité). 

 

Patatra, le 12 septembre 2008, le chanoine du Latran Sarkozy accueille Benoit XVI et la France, fille aînée de l’église bascule dans une ambiance d’encens et d’eau bénite des plus envahissantes. Le 24 novembre 2008 jour du lancement de la campagne internationale d'Atout France, abracadabra, Marianne redevient prude et hasard (?) de la communication gouvernementale, l’agence de publicité ayant du revoir sa copie, les nichons de la république ont disparus ! Les prudes ont gagnés. Du côté d'Atout France, aucun commentaire sur ce virage en communication sinon le besoin de réagir au tollé des professionnels. La France a du changer entre-temps. Il est vrai que la Marianne préférée de notre Président est Mireille MATHIEU. Place de la Concorde, on est bien loin des performances de Janet JACKSON qui ont déclenché les foudres de culs-bénits américains. Vraiment, je suis nostalgique des billets de 100 francs – depuis, les couleuvres du politiquement correct globalisé ont été avalées, l'autocensure règne et la République est retournée s'habiller.

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Published by philippemugnier - dans Politique
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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 21:50

Ils ont une moyenne d'âge de 60 ans, sont américains, anglais, allemands, israëliens ou palestiniens et présentent le profil parfait de croisiéristes prêts à savourer une croisière qui s'amuse. Pourtant, ces touristes sont d'un nouveau genre : ils préparent une croisière commando entre Chypre et Gaza dès fin août 2008 - l'abordage du blocus de Gaza - ni plus, ni moins ! Leur objectif : alerter l'opinion publique internationale sur le calvaire de la bande côtière palestinienne étranglée depuis plus d'un an par le blocus israëlien. Ces compagnons et vétérans grisonnants ne rêvent que d'ouvrir de force avec leur bâteau (qu'aucune compagnie d'assurances au monde ne souhaite du reste assurer...) la première ligne maritime à destination de l'enclave sabloneuse de Gaza depuis son occupation par les troupes de l'état d'Israël en 1967. En dépit d'une grande tension et pressions depuis l'annonce de leur projet, les apprentis matelots tiennent bon. L'annonce que la marine israëlienne envisage d'arraisonner leur flotille ne les décourage pas. Après deux années de préparatifs épiques, tous ont le sentiments d'avoir déjà gagné. "Si les Israëliens nous arrêtent dans les eaux internationales, c'est un crime. s'ils nous arrêtent dans les eaux de Gaza, c'est la preuve qu'en dépit de l'évacuation des colons ce territoire est toujours sous occupation. Or, en droit international, l'occupant doit s'assurer du bien-être de la population, ce que bien sur Israël ne fait pas. Dans les 2 cas, on est gagnants. On prend le pays en flagrant délit de violation du droit international" affirment-ils. CQFD ! Par précaution, Hedy Epstein, la super-mamie de la troupe a pris des cours de natation à la piscine municipale avant de quitter le Missouri pour cette croisière sérieuse. Sait-on jamais...


 

Mission réussie !

Sommes nous aux prémisses d'une nouvelle forme de tourisme : le "tourisme activiste" visant à profiter de son temps de vacances pour dans un cadre "enchanteur" d'une activité normalement de loisirs pousser un coup de gueule et mettre un beau boxon médiatique ?

Illustration d'actions possibles :

- mobiliser 500 skieurs sur un télésiège et refuser collectivement de descendre de son siège avant que la station de ski ne se prononce sur des enjeux de développement durable et aménagement de la montagne ?

- débarquer à 50 touristes dans une ferme auberge et prendre en otage un troupeau de vaches dans l'étable en exigeant de la Préfecture  et de la Chambre Régionale d'Agriculture de revoir leurs engagements en matière de subventions à l'agri-culture bio, à l'utilisation de farines animales, ...

- inviter plus de 5000 visiteurs dans le Louvre à refuser de sortir à la fermeture du musée en créant l'évènement médiatique qui invitera le Ministère de la Culture à reconsidérer sa politique tarifaire et d'accès à la culture, ...

- dans un hôtel club all-inclusive situé dans un pays en voie de développement, mener la fronde de tous les résidants de l'hôtel qui s'empareront de quantités phénoménales de nourriture de la formule buffet à gogo au bénéfice immédiat des populations pauvres environnantes de l'hôtel, ...

Bref, le "tourisme activiste" reste à inventer tout en ne faisant aucune concession sur le cadre bucolique, dépaysant, charmant de l'endroit (le Droit aux vacances ainsi respecté). Il permettra cependant à son adepte (plutôt à ses adeptes, car l'effet masse et de groupe est capital pour sa réussite) de revenir à la maison en ayant de beaux souvenirs de vacances à raconter à ses collègues de travail tout en ayant le sentiment du devoir accompli en matière éthique et politique, voire quelques résultats probants.




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Published by Philippe MUGNIER - dans Politique
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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 18:32

De l’ère de la représentation simili-touristico-diplomatique, la majeure partie des Offices du Tourisme Nationaux évoluent depuis une décennie – et avec bonheur pour l’industrie (TO, distribution, aérien,…) - vers des comportements d’officines de marketing. En 2018, les Offices Nationaux du Tourisme tels que nous les connaissons depuis le siècle dernier avec vitrines, comptoirs et brochures auront disparus. La globalisation de la désormais 1ère industrie mondiale aura alors pleinement fait son œuvre.

 

L’époque pendant laquelle tout au plus 50 destinations majeures dans le monde se battaient pour recueillir les faveurs des vacanciers de quelques tout au plus 20 marchés majeurs en Europe, Amérique du Nord et Asie du Nord Est est d’ores et déjà révolue.

 

En 2018, le nombre de territoires (villes, resorts, régions, pays, regroupement d’états, …) affirmant pleinement une vocation touristique et ayant pertinence marketing à promouvoir leur « marque destination » aura encore considérablement augmenté. Si le « gâteau » mondial à partager est de 900 millions de touristes aujourd’hui, il sera de plus d’1 milliard et demi en 2018 affirme l’OMT. Imagine t’on des scenari moins optimistes dus à l’augmentation du coût de l’aérien ? Si oui, alors la « guerre » marketing entre destinations n’en sera que plus rude pour séduire les voyageurs internationaux « happy few ». Parallèlement, l’affirmation d’économies émergentes en Afrique, Asie et Amérique du Sud, … rentrant à leur tour dans l’ère des loisirs multipliera le nombre de marchés émetteurs intéressants à travailler (globalement ou sur des niches très spécifiques) et donc d’opportunités de capter de nouvelles clientèles.

 

En bref, l’offre de destinations va exploser et la demande mondiale sera encore plus diversifiée géographiquement, segmentée sociologiquement, complexifiée technologiquement, zappeuse par goûts ou contraintes, … Les budgets de promotion des destinations devront alors se répartir sur un nombre croissant de marchés émetteurs - et il est clair que ces sommes n’augmenteront pas proportionnellement à la multiplication des marchés à considérer. Cette équation comptable ne pourra se résoudre qu’en valorisant les investissements marketing au détriment des charges structurelles. La mutualisation des moyens et l’outsourcing du marketing des destinations à des sociétés privées aux contrats renouvelés sur résultats est donc inéluctable. Depuis 2000, le développement  rapide d’Interface Tourism qui pilote le marketing de plus de 15 destinations (Abu Dhabi, Australie, Kenya, Equateur, Philippines, zone Caraïbes, Navarre, Philadelphie, Taiwan, ……) en mutualisant ses frais de structure et son expertise marché et marketing, illustre parfaitement cette mutation de fond.

  

En 2018, le politique garant du bien commun restera maître du pilotage du marketing stratégique des destinations. Mais,  sous la pression de leur industrie réceptrice aux exigences de yield accrue et de leurs contribuables citoyens davantage attentifs à la bonne gestion de fonds publics, les responsables politiques n’auront pas d’autres choix que d’évoluer vers des structures de promotion plus souples, efficaces, adaptables, véloces, investies pleinement de la culture du retour sur investissement….Ces structures devront être aptes à gérer la complexité des marchés, des opportunités, des risques et incertitudes. D’un marketing statique géographiquement mis en œuvre avec les lourdeurs inhérentes aux institutions parfois bloquées par des contingences politiques, structurelles, de management de leurs personnels, les destinations évolueront vers un marketing tactique, décomplexé, opportuniste, yieldé dans le temps et dans l’espace désormais pleinement globalisé. Dans ce nouveau monde où le marketing de la demande des marchés prendra pleinement le pas sur le marketing de l’offre des destinations, l’arme de la guerre sera alors l’ « intelligence marché », la souplesse et créativité des structures locales.

 

En 2018, une petite poignée de réseaux internationaux de sociétés spécialistes du marketing de destinations se partageront la conception et mise en œuvre du marketing global (stratégie, RP, salons, publicité, web, développement commercial, événementiel, formation, animation de la distribution, hotline consommateurs, lobbying, communication de crise, e-learning,…) des « destinations marques » du monde entier. Ces réseaux concurrents faisant l’interface marketing entre les destinations et les marchés n’auront d’autres choix pour conserver et gagner des destinations clientes de se livrer à  une course à l’innovation technologique, à la formation marketing et relationnelle de leurs collaborateurs experts, à l’ «intelligence marché », à la négociation de deals marketing avec des acteurs eux-même globaux (GDS, groupes de presse, organisateurs de salons, marques mondiales pour co-branding, moteurs on-line…). Ils apporteront ainsi une offre globale, flexible et aux effets mesurables pour leurs clients institutionnels. Les Administrations Nationales du Tourisme désormais affranchies des tentations du politiquement correct, du consensus mou, des non-choix stratégiques, des lourdeurs administratives et de dérives de dépenses parfois inconsidérées joueront alors pleinement leur rôle de catalyseurs de richesses pour leur industrie réceptive et les populations des pays concernés. En 2018 (et certainement bien avant !), tous les Offices du Tourisme auront alors fait leur révolution. Les groupes mondiaux spécialistes du « marketing destination » auront alors créé un nouveau métier pleinement reconnu, compris et respecté : celui d’interface entre destinations et marchés…. bien loin du métier artisanal de « représentant » de destinations ou d’« ambassadeurs d’opérette » en référence à la mythique « avenue des voyages » de l’Opéra devenue en 2018 vide de trop coûteuses vitrines touristiques

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Published by Philippe MUGNIER - dans Marketing
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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 17:33

Asterix-Asterix-Obelix-Obelix-Idefix-Idefix.jpgEn France, le tourisme des personnes homosexuelles concerne près de 4 millions d’individus, dont 80% vivent dans des villes de plus de 100 000 habitants (4 sur 5 sont en province) et sont sur-presentées dans les CSP+. Près de 70% déclarent avoir voyagé à l’étranger dans les 12 mois derniers (enquête BSP). Voilà pour les généralités devenus des poncifs : oui – la «Pink monnaie » est alléchante.

 

Malgré ces caractéristiques intéressantes, les personnes homosexuelles constituent tout sauf un segment homogène et sont très loin de former un groupe sociologique stéréotypé. La lesbienne agricultrice du Cantal n’a que peu avoir avec le vendeur de fringues du Marais parisien, le notaire gay célibataire de Châteauroux et la famille homoparentale de Savoie. En matière de production comme de marketing, cette diversité rend la tache très difficile pour les destinations et les entreprises qui souhaitent les séduire et fidéliser. Il n’y a donc pas de « tourisme gay » à proprement parler : ils et elles sont à l’image des français, divers et singuliers. Nous ne pouvons parler que de « tourismes des homosexuel(le)s » - au pluriel.  Par contre, un point commun pour 6% de ces français : s’il y a un bien des périodes dans l’année pendant lesquelles ils et elles ne souhaitent pas être confrontés à des professionnels qui ne comprennent ou n’acceptent pas leurs quelques spécificités en matière de consommation, c’est bien celle des vacances. Tout le reste de l’année, les gays prennent encore sur eux pour se mouvoir dans une société hétéro-normée (si –si , réfléchissez bien) –pendant les vacances – pas question de faire des efforts et gâcher son plaisir !  Les vacances sont des périodes de ruptures où ils souhaitent se ressourcer et être pleinement «eux-mêmes » tout en voyageant comme Monsieur et Madame « tout le monde ». Mais faire rougir de gène une réceptionniste en  exigeant un lit double, avoir l’appréhension de se voir refuser une chambre d’hôtes, tomber sur un OT incapable de renseigner sur les boites de nuit gay, supporter les bonnes blagues d’un animateur de club de vacances, ne pas pouvoir localiser la plage où embrasser son ami ne vous transforme pas aussitôt en attraction du jour pour les voisins de serviette… amène les gays et lesbiennes à privilégier de plus en plus des destinations qui auront travaillé leurs produits et comportements pour se présenter légitimement comme « gay friendly »  (« homo-sympa » !) et faire confiance aux professionnels du voyages ayant intégré pleinement la notion de services et de respect de leurs clients.  Bien que minoritaire, un besoin aussi exprimé : se retrouver qu’entre soi dans des destinations (Ibiza, Mikonos, …) et produits (croisières, semaines ski, …) quasi-exclusivement « gays ». (mais « hétéro-friendly » !). Ghettos touristiques ? Communautarisme ? Quid alors de l’ouvrier qui pendant 20 ans va dans le même camping se retrouver en compagnie de personnes du même milieu et partageant  les mêmes valeurs et habitudes ? Quid du tourisme religieux organisé dans un choix restreint de villes pour des personnes partageant les mêmes croyances ? Quid  des habitants de beaux quartiers de l’ouest parisien se retrouvant dans les mêmes hôtels de l’Ile Maurice chaque année entre personnes du même milieu partageant les mêmes us sociaux ? Fait-on un procès en communautarisme pour ces segments de clientèle ? Non, c’est de la segmentation, du marketing bien compris, rien d’autre et cela ne gène personne (l’Etat laïque français participant même au financement d’un Club Produit «  Tourisme de Pélérinage » au sein de Maison de la France).

A besoins spécifiques, marketing spécifique. Gare par contre aux professionnels qui viendraient sur le marché des tourismes gay avec de gros sabots.  Depuis tout petits, les gays et lesbiennes ont appris à se méfier !  Que les pros du tourisme réfléchissent à 2 fois sur la manière de les draguer et qu’ils s’entourent de bons conseils de spécialistes. Détenteurs de la  « Pink money » certes, mais vache à lait, non !  

 

Pour cela, l’IGLTA (International Gay & Lesbian Travel Association www.iglta.com ) est une plateforme marketing internationale mettant en phase une demande et une offre, et ce de manière totalement décomplexée. Fondée en 1983 aux Etats-Unis, l’IGLTA est désormais avec plus de 1000 membres de tous les continents la  1ère association professionnelle au monde visant par des actions de formation, de promotion et de networking à la meilleur prise en compte, organisation et développement du tourisme des personnes homosexuelles.  L’IGLTA est ouverte à toutes les sociétés (voyagistes, réceptifs, transports, hébergement, …) ou institutions (stations, villes, régions,…) du tourisme émetteur et réceptif désirant se doter de meilleurs moyens pour se promouvoir sur ces clientèles qui regroupent près de 10% des voyageurs internationaux et 70 millions d’arrivées internationales chaque année (source « Tourism Intelligence International »).

Bien que potentiellement destination la plus « gay friendly » au monde, la France est aujourd’hui sous représentée à l’IGLTA - bien loin derrière l’Espagne, l’Allemagne ou l’Angleterre par exemple. Les voyagistes étrangers membres de l’IGLTA cherchent à identifier de nouvelles destinations et sociétés françaises aptes à bien s’occuper de leurs clients. Rien qu’aux USA, le marché est gigantesque : 87% des gays américains détiennent un passeport (contre 29% de la population) et représentent 10% de la population. Dans cette volonté de conquête de marché, les grandes villes et régions allemandes (Cologne, Berlin, …), anglaises (Manchester, Londres, Liverpool, …), espagnoles (Barcelone, Costa Brava, Séville, Sitges, …), belges (Anvers, Flandres, …), italiennes (Viarregio, Toscane, …)… sont d’actifs membres de l’IGLTA et participent régulièrement à ses activités marketing (Congrès, symposium, workshops, salons, éductours, …). Côté français…calme plat.

 En effet, à l’exception notable de l’île de la Réunion et de quelques opérateurs privés, les institutionnels français (OT, CDT, CRT, Maison de la France…) brillent encore aujourd’hui par leur absence à l’IGLTA. Blocage idéologique ? Beaucoup !  Mauvaise compréhension économique et marketing tout autant.  Là ou les destinations concurrentes à l’Hexagone ne voient évidemment que de l’économie et du marketing, la France voit dans l’idée de promouvoir son offre touristique auprès des personnes homosexuelles de l’idéologie et de la politique. Un mélange des genres qui handicap la promotion internationale de l’Hexagone et son attractivité. Paris, qui l’eut cru, est sur ce point avec son Office du Tourisme, l’une des capitales européennes ayant le plus modeste des engagements assumé sur ce segment de clientèle. Politique, quand tu nous tiens…(rappelons nous, l’édition par Maison de la France d’une brochure à destination des gays américains s’était terminée par une polémique sur les bancs de l’Assemblée Nationale…Delanoë de son côté, freine aujourd’hui indirectement toute initiative de l’OT de Paris…entre-temps, les commerces du Marais ne témoignent pas de la meilleure forme qui soit...

   Quand il s’agit de segmentation et d’études sur les critères d’âge, de genre, de revenus, de profession, de pratiques touristiques …la France est au rendez-vous avec batterie d’études ODIT et divers outils promotionnels – dès qu’il s’agit par contre d’une segmentation sur des critères de sexualité (qui est pourtant une composante aussi importante que d’autres cités ci-avant – pas plus, pas moins, dans la bonne compréhension d’un individu et de ses pratiques de consommation), Marianne, jadis seins à l’air dans nos mairies et sur nos billets de banques (comme quoi il y a des passerelles entre la chair et l’économie…), joue désormais la prude. Autres temps, autres mœurs…

 

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