TOURISME, GLOBALISATION, SCHKRONK
Le blog de Philippe MUGNIER

Je fais un rêve…Il y a 42 ans, 13 personnalités de réputation mondiale lancent un appel pour la création d’un corps électoral
transnational allant préfigurer une Assemblée Mondiale des Peuples. Cette Assemblée voulant contrebalancer le pouvoir de l’Assemblée Générale de l’ONU qui réunit des représentant d’Etats, non
élus par les peuples mais désignés par les Etats. L’Association « Citoyen du Monde » prenait son envol. L’idée exprimée par Guy Marchand est d’une simple logique : à problèmes communaux,
élus communaux - à problèmes nationaux, élus nationaux - à problèmes mondiaux, élus mondiaux. Il y a des problèmes mondiaux or il n’y a pas d’élus mondiaux.
La démocratie mondiale n’existe donc pas. La Citoyenneté Mondiale n’existe pas. Tout du moins, pas encore…le tourisme pourrait-elle être cette force donnant le coup
de main nécessaire?
Depuis l’aube de l’humanité, un grand rêve ne cesse de travailler les hommes : c’est celui du cosmopolitisme. Se nomme citoyen du monde ou cosmopolite quiconque désire œuvrer au rapprochement entre les peuples, considère cette planète comme sa patrie commune, estime que ses habitants forment un peuple commun avec des droits et devoirs communs et en dehors des clivages nationaux, et place l'intérêt de cet ensemble humain au-dessus des intérêts nationaux.
Fondé sur l’amour de la paix et de la liberté, sur la haute conscience de l’unité de l’humanité, le sentiment cosmopolite aura contribué, et contribue encore à la tâche de civilisation de la planète et du progrès de l’humanité. A l’heure où le fracas des nationalismes se fait assourdissant et où le thème de la mondialisation heureuse - ou malheureuse selon les analyses- fait la une des journaux, réfléchissons sur l’expression « Citoyen du Monde », sa genèse, son actualité et ce qu’elle peut signifier pour nous professionnels du tourisme,
Même des peuples et dans les cultures dont nous remontons les traces le plus loin dans le passé – en Mésopotamie par exemple, les mythes, les titres et les cartes géographiques témoignent déjà d’une vision universaliste du monde. Il faut pourtant attendre des millénaires pour que soit franchie l’étape suivante et qu’apparaisse la notion de citoyen, celui qui participe à la vie de la Cité.
Au IV è siècle a J.C., Diogène de Sinope prétend pour la première fois être « Citoyen du Monde ». Les grecs sont donc les premiers à se fixer pour tâche la pensée conceptuelle de l’unité du monde : ils postulent par principe la commune
appartenance de tous ceux qui ont un visage humain. Par le voyage mythique d’Ulysse et la colonisation grecque, on commence à appréhender le monde dans son unité. En Grèce, le passage de l’étranger du statut d’ennemi à celui d’hôte est une des grandes conquêtes de la civilisation
humaine.
Les stoïciens formulent vers 315 a J.C. avec leur père fondateur Zénon de Kition une doctrine du cosmopolitisme qui reste en vigueur pendant tous les siècles de
l’époque hellénistique et de l’Empire romain.
Leur cosmopolitisme est issu du désir de l’individu d’échapper aux ordres
préétablis, d’échapper aux liens telluriques, aux appartenances de caste et de se développer en tant que personne. Avec l’appui de la raison, qui se pose comme autonome et prétend à la
validité universelle, l’individu - qui va toujours de l’avant et fait sans cesse de nouvelles découvertes - aspire à l’émancipatio
n et à la liberté. Euripide proclame « Partout dans les airs, l’aigle est chez lui, sur toute la terre, l’homme noble est dans sa patrie ». Socrate proclame
quant à lui « Je ne suis ni d’Athènes, ni de Corinthe, je suis Citoyen du Monde ».
Le deuxième élément constitutif du cosmopolitisme grec remonte à Alexandre, dont le principe fondamental est l’égalité entre les peuples qui ne doivent former qu’une seule communauté. L’expérience de l’empire d’Alexandre engendre l’idée de l’Etat universel. Il ordonne
ainsi aux Hellènes et aux Barbares de se mêler comme dans – je cite - un calice d’amour universel. Ils doivent, proclame t-il, considérer le monde comme leur véritable patrie. Alexandre se
considère comme un bienfaiteur de tous les peuples, à qui il apprend à dépasser les frontières et les préjugés nationaux pour servir l’humanité.
Alexandre cherche donc à former l’empire universel. Lorsque le monde hellénistique passe progressivement sous l’autorité romaine, les idées et les pratiques cosmopolites deviennent hors d’usage
et tombent dans l’oubli pour un millénaire et demi. La mobilité donne place à la sédentarité.
A cette époque, le développement de la personnalité n’est recherché en aucune façon. La liberté, considérée à
l’origine comme le moteur premier de l’individu, devient une indépendance présomptueuse, une forme de révolte contre l’ordre établi, une révolution contre les puissances, une rébellion contre
Dieu lui même. Dans le cadre de cette évolution, la vie en ce bas monde se trouve dévalorisée par rapport à la vie dans l’au-delà. Le Citoyen du Monde stoïcien était tourné vers le monde, le
nouvel universalisme catholique se détournait au contraire du monde pour s’orienter vers l’au-delà. C’est Saint Augustin et les 21 livres de « La Cité de Dieu » qui fixe le cadre de cette
pensée.
Les choses changent presque d’un coup à partir du milieu du XI ème via le développement des pèlerinages, des croisades, des voyages commerciaux, la constitution de corporations autonomes de bâtisseurs qui marquent le haut Moyen Âge, le développement des marchés et foires internationales (à Anvers, Genève, Lyon, …)
A la Renaissance, les humanistes reprennent souvent à la lettre les conceptions du cosmopolitisme de l’Antiquité. Mais à la différence des cosmopolites de l’Antiquité qui vivaient dans de vastes empires multinationaux et polyglottes, les humanistes de la Renaissance vivent dans de minuscules principautés qui se livrent une guerre cruelle.
Le cosmopolitisme conçu pendant les siècles du Moyen Âge comme un désir d’unité sous l’autorité d’un même chef spirituel ou temporel déplace à la Renaissance son objectif vers la paix terrestre. Le sens de la vie des humanistes n’est plus celui d’une retraite hors du monde, mais d’une tentative d’exercer une action sur lui.
En 1544, Guillaume POSTEL redéfinit le terme de « cosmopolitisme » comme une orbis terrarum concordia, c’est à dire, une concorde mondiale laïque, une fraternité supranationale hors de l’orbite religieuse, fondée sur le libre choix des individus.
Puis vient l’explosion planétaire et l’ère des grandes découvertes géographiques. Jusqu’alors, toutes les conceptions universalistes comportaient une réserve tacitement admise : on entendait par « monde » la partie du monde connue, accessible et explorée. Le vieux rêve de l’unité de l’humanité se met alors en œuvre, tout du moins d’un point de vue géographique.
Puis vient le véritable siècle du cosmopolitisme : le XVIII ème, celui des Lumières qui prend rapidement une dimension politique. La citation de Pierre BAYLE est éclairante « Pas plus français qu’allemand, anglais ou espagnol, je suis citoyen du monde, je ne suis ni au service de l’empereur ni au service du Roi de France, mais au service de la vérité, elle est ma seule Reine à qui j’ai prêté serment d’obéissance ». Quant à Thomas JEFFERSON, il inscrit la mission universaliste des Etats-Unis dans la Déclaration d’Indépendance : l’Amérique agit pour l’humanité entière. Aux yeux de Locke, la division du monde en Etats séparés et indépendants n’est qu’un effet de la nature mauvaise de l’homme qu’il faut surmonter.
Condorcet veut quant à lui voir à la place des nombreux Etats indépendants un Etat Universel englobant l’humanité
entière dont la fondation est à la fois souhaitable et inéluctable. Ce même Condorcet projette la fondation d’un institut universel qui se
consacrerait à la création d’une langue universelle. Au XVIII ème, ces pensées optimistes et ces généreux idéaux sont défendus surtout par des intellectuels étonnamment unis et en harmonie en
dépit de toutes les différences personnelles ou nationale et de toutes les divergences d’opinion.
Les signes extérieurs de cette appartenance sont la fréquentation de certains lieux de rencontre, cafés, caves, bars à huîtres, où se rendent les plus
illustres, les invitations occasionnelles ou régulières dans les salons, enfin l’inscription dans des clubs, loges, sociétés savantes ou académies. Paris compte à l’époque jusqu’à 800 salons.
Les salons et celles qui les tiennent assument aussi une fonction médiatique et de commu
nication qui revient aujourd’hui à la presse et à la télévision. Tel Internet aujourd’hui, la correspondance est aussi une véritable folie sous les
Lumières.
Le
cosmopolitisme au cours de la seconde moitié du XVIII atteint par contre un sommet. En dépit de la
2ème vague d’expansion et de colonisation des grands Etats européens, le cosmopolitisme recule au XIX et XXème siècle devant les actions nationalistes et impérialistes des Etats souverains.
Aussi, pour la première fois, durant le XX ème, le cosmopolitisme est institutionnellement combattu. Il devient même une injure dans la bouche de
Staline ou d’Hitler. Le cosmopolite est un dégénéré. Les thèses conspirationnistes reprennent de la vigueur sur ces cosmopolites forcément illuminati ou
juifs qui voudraient contrôler le monde et créer un gouvernement mondial, fossoyeur des libertés et de la paix.
Les comportements et les idées cosmopolites se retranchent alors dans un certain nombre de groupes sociaux (les diplomates, savants, artistes, sportifs, …) et dans
un certain nombre de réduits (les hôtels internationaux, paquebots, …). Le grand paradoxe de ce XX siècle réside en ceci que nous avons atteint dans le
monde entier un degré extrême de sentiment national au moment même où, de tout point de vue rationnel, nous devons trouver les moyens de surmonter le nationalisme. Sur le plan politique, le monde
s’est morcelé en près de 200 nations. Parallèlement, l’ONU tente, à travers différentes organisations internationales, de fédérer - globalement ou thématiquement - ces 191 nations dans un
objectif de paix et de progrès. Mais à l’ONU, il n’est plus question de cosmopolitisme – il n’est seulement question que d’internationalisme – c’est à dire de gestion des relations entre nations.
Les groupements inter- ou supranationaux sont en effet structurés en fonction des appartenances nationales.
Au XXème siècle, il n’existe sur le plan
pratique aucune organisation politique globale, démocratique et cosmopolite. Le cosmopolitisme institutionnel reste encore aujourd’hui une utopie. Au niveau des individus, le sentiment
cosmopolite grandit pourtant. Phénomène récent, le tourisme international, jadis réservé à l’aristocratie anglaise - s’est démocratisé en 50 ans à peine à
l’échelle de la planète
avec plus de 700 millions de
voyageurs internationaux en 2004 – Ce mouvement est exponentiel. En 2020, nous compterons plus de 1,5 milliards de voyages internationaux, soit le double du chiffre de 2004. C’est aujourd’hui
la première industrie mondiale. Parallèlement, par la naissance d’une opinion publique mondiale via les media et le web, l’humanité devient une communauté de larmes, de souffrances et de joies.
Aucun pays ne reste extérieur à la politique mondiale. En 1969, plus d’un milliard de terriens observe la Terre filmée de la lune…
Par ces phénomènes inédits, la conscience de l’unité de l’humanité s’étend, les comportements cosmopolites se démocratisent, l’idée de cosmopolitisme gagne petit à petit des couches plus larges, et ce sur tous les continents, même les plus pauvres. Aussi, un siècle après la création des associations issues de la Loi de 1901, les engagements associatifs prennent une dimension cosmopolites et déconnectée des Etats, qu’ils soient humanitaires (Médecins du Monde, Croix Rouge, …) ou politiques (Forums Sociaux, Attac, Greenpeace…). De son côté, la notion d’ingérence humanitaire a fait son chemin. Chacun se mêle de ce qui se passe chez l’autre. Aussi, pour certains, l’avènement du « village planétaire libéral » peut être perçu comme la réalisation de l’utopie cosmopolite. Chacun étant en effet libéré, par le libéralisme, du carcan des Etats nations jugés par certains responsables de nos maux présents, passés et à venir .
Suite à ce panorama historique, comment pourrions nous définir le cosmopolite, le « Citoyen du Monde » ? En résumé, le comportement cosmopolite se fonde sur l’individu qui considère le monde comme sa sphère d’évolution et de développement, où tous les hommes sont semblables. Le cosmopolite n’ignore, ne nie et ne méprise en aucun cas les différences qui se sont historiquement instaurées entre les nations et autres groupements d’affiliation. Mais il ne leur prête aucune signification mystique ou métaphysique.
Le cosmopolite veut entrer en contact avec les nations étrangères, leurs habitants, leurs institutions, et leur philosophie, toujours dans l’optique de l’humanité unique. Il ne s’arrête pas aux particularismes, il les assimile.
Le cosmopolitisme antique était la communauté suprême réunissant tous les hommes et les dieux. Au fil des millénaires, on l’a vu, on finit par désigner sous son nom de cosmopolites tous ceux qui prétendent avoir partout sur la planète un droit à la citoyenneté et tenant pour illégitimes les frontières, fermetures et exclusions, interdictions d’entrer ou de sortir d’un pays, et autre obstacles et barrières.
La foi dans le progrès de l’histoire est la condition même d’une
appréhension cosmopolite du monde. Au sein de ce monde doit – en second lieu – régner la paix. La paix cherchant sa réalisation avec plus ou moins d’intensité et d’urgence ici bas ou dans l’au
delà.
Erasme a été le premier a ériger en principe politique absolu la nécessité d’un monde sans guerre. La tolérance à l‘égard des êtres résulte de cette impératif de paix. Et au cœur de cet univers uni et pacifique doit – en troisième lieu - régner la liberté, en particulier la libre circulation.
Le cosmopolite doit pouvoir se déplacer librement et sans entraves, agir en toute liberté, aussi bien sur le plan de la participation politique que de l’épanouissement de sa personnalité individuelle.
Après ce
grand détour politico-philosophico-utopique, une réflexion à méditer : …l’industrie du tourisme n’est-elle pas en train de créer ces hordes
de « Citoyens du Monde » ?
http://citmonde.free.fr/
En France, le tourisme des personnes homosexuelles
concerne près de 4 millions d’individus, dont 80% vivent dans des
villes de plus de 100 000 habitants (4 sur 5 sont en province) et sont sur-presentées dans les CSP+. Près de 70% déclarent avoir voyagé à l’étranger dans les 12 mois derniers (enquête BSP). Voilà
pour les généralités devenus des poncifs : oui – la «Pink monnaie » est
alléchante.
Malgré ces caractéristiques
intéressantes, les personnes homosexuelles constituent tout sauf un segment homogène et sont très loin de former un groupe sociologique stéréotypé. La
lesbienne agricultrice du Cantal n’a que peu avoir avec le vendeur de fringues du Marais parisien, le notaire gay célibataire de Châteauroux et la famille homoparentale de Savoie. En matière de
production comme de marketing, cette diversité rend la tache très difficile pour les destinations et les entreprises qui souhaitent les séduire et
fidéliser. Il n’y a donc pas de « tourisme gay » à proprement parler : ils et elles sont à l’image des français, divers et singuliers. Nous ne pouvons parler que de « tourismes des homosexuel(le)s » - au pluriel. Par contre, un point
commun pour 6% de ces français : s’il y a un bien des périodes dans l’année pendant lesquelles ils et elles ne souhaitent pas être confrontés à des professionnels qui ne comprennent ou
n’acceptent pas leurs quelques spécificités en matière de consommation, c’est bien celle des vacances. Tout le reste de l’année, les gays prennent
encore sur eux pour se mouvoir dans une société hétéro-normée (si –si , réfléchissez bien) –pendant les vacances – pas
question de faire des efforts et gâcher son plaisir ! Les vacances sont des périodes de ruptures où ils souhaitent se ressourcer et être pleinement «eux-mêmes » tout en voyageant comme Monsieur et Madame
« tout le monde ». Mais faire rougir de gène une réceptionniste en exigeant un lit double, avoir l’appréhension de se voir refuser une
chambre d’hôtes, tomber sur un OT incapable de renseigner sur les boites de nuit gay, supporter les bonnes blagues d’un animateur de club de vacances, ne pas pouvoir localiser la plage où
embrasser son ami ne vous transforme pas aussitôt en attraction du jour pour les voisins de serviette… amène les gays et lesbiennes à privilégier de plus
en plus des destinations qui auront travaillé leurs produits et comportements pour se présenter légitimement comme « gay friendly »
(« homo
-sympa » !) et faire confiance aux professionnels du voyages
ayant intégré pleinement la notion de services et de respect de leurs clients. Bien que minoritaire, un besoin aussi exprimé : se retrouver
qu’entre soi dans des destinations (Ibiza, Mikonos, …) et produits (croisières, semaines ski, …) quasi-exclusivement « gays ». (mais « hétéro-friendly » !). Ghettos
touristiques ? Communautarisme ? Quid alors de l’ouvrier qui pendant 20 ans va dans le même camping se retrouver en compagnie de personnes du même milieu et partageant les mêmes valeurs et habitudes ? Quid du tourisme religieux organisé dans un choix restreint de villes pour des personnes partageant les mêmes croyances ?
Quid des habitants de beaux quartiers de l’ouest parisien se retrouvant dans les mêmes hôtels de l’Ile Maurice chaque année entre personnes du
même milieu partageant les mêmes us sociaux ? Fait-on un procès en communautarisme pour ces segments de clientèle ? Non, c’est de la segmentation, du
marketing bien compris, rien d’autre et cela ne gène personne (l’Etat laïque français participant même au financement d’un Club Produit « Tourisme de Pélérinage » au sein de Maison
de la France).
A besoins spécifiques, marketing spécifique. Gare par contre aux professionnels qui viendraient sur le marché des tourismes gay avec de gros sabots. Depuis tout petits, les gays et lesbiennes ont appris à se méfier ! Que les pros du tourisme réfléchissent à 2 fois sur la manière de les draguer et qu’ils s’entourent de bons conseils de spécialistes. Détenteurs de la « Pink money » certes, mais vache à lait, non !
Pour cela, l’IGLTA (International Gay & Lesbian Travel
Association www.iglta.com ) est une plateforme marketing
internationale mettant en phase une demande et une offre, et ce de manière totalement décomplexée. Fondée en 1983 aux Etats-Unis, l’IGLTA est
désormais avec plus de 1000 membres de tous les continents la 1ère association professionnelle au monde visant par des actions de formation, de promotion et de
networking à la meilleur prise en compte, organisation et développement du tourisme des personnes homosexuelles. L’IGLTA est ouverte à toutes les sociétés
(voyagistes, réceptifs, transports, hébergement, …) ou institutions (stations, villes, régions,…) du tourisme émetteur et réceptif désirant se doter de meilleurs moyens pour se promouvoir sur ces clientèles qui regroupent près de 10% des voyageurs
internationaux et 70 millions d’arrivées internationales chaque année (source « Tourism Intelligence
International »).
Bien que potentiellement destination la plus « gay friendly » au monde, la France est aujourd’hui sous représentée à l’IGLTA - bien loin derrière l’Espagne, l’Allemagne ou l’Angleterre par exemple. Les voyagistes étrangers membres de l’IGLTA cherchent à identifier de nouvelles destinations et sociétés françaises aptes à bien s’occuper de leurs clients. Rien qu’aux USA, le marché est gigantesque : 87% des gays américains détiennent un passeport (contre 29% de la population) et représentent 10% de la population. Dans cette volonté de conquête de marché, les grandes villes et régions allemandes (Cologne, Berlin, …), anglaises (Manchester, Londres, Liverpool, …), espagnoles (Barcelone, Costa Brava, Séville, Sitges, …), belges (Anvers, Flandres, …), italiennes (Viarregio, Toscane, …)… sont d’actifs membres de l’IGLTA et participent régulièrement à ses activités marketing (Congrès, symposium, workshops, salons, éductours, …). Côté français…calme plat.
En
effet, à l’exception notable de l’île de la Réunion et de quelques opérateurs privés, les institutionnels français (OT, CDT, CRT, Maison de la France…) brillent encore aujourd’hui par leur absence à l’IGLTA.
Blocage idéologique ? Beaucoup ! Mauvaise compréhension économique et marketing tout
autant. Là ou les destinations concurrentes à l’Hexagone ne voient évidemment que de l’économie et du marketing, la France voit dans l’idée de promouvoir son offre touristique auprès des personnes homosexuelles de l’idéologie et de la politique. Un mélange des genres qui
handicap la promotion internationale de l’Hexagone et son attractivité. Paris, qui l’eut cru, est sur ce
point avec son Office du Tourisme, l
’une des capitales européennes ayant le plus
modeste des engagements assumé sur ce segment de clientèle. Politique, quand tu nous tiens…(rappelons nous, l’édition par Maison de la France d’une brochure à destination des gays américains
s’était terminée par une polémique sur les bancs de l’Assemblée Nationale…Delanoë de son côté, freine aujourd’hui indirectement toute initiative de l’OT de Paris…entre-temps, les commerces du
Marais ne témoignent pas de la meilleure forme qui
soit...
Quand il s’agit de segmentation et d’études sur les critères d’âge, de genre, de revenus, de profession, de pratiques touristiques …la France est au rendez-vous avec batterie d’études ODIT et divers outils promotionnels – dès qu’il s’agit par contre d’une segmentation sur des critères de sexualité (qui est pourtant une composante aussi importante que d’autres cités ci-avant – pas plus, pas moins, dans la bonne compréhension d’un individu et de ses pratiques de consommation), Marianne, jadis seins à l’air dans nos mairies et sur nos billets de banques (comme quoi il y a des passerelles entre la chair et l’économie…), joue désormais la prude. Autres temps, autres mœurs…
"Le seul véritable voyage n'est pas
d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux"
Marcel PROUST
"Il n'y a d'homme complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie"
Alphonse de LAMARTINE
"Quand on ne veut qu'arriver, on peut courir en chaise de poste ; mais quand on veut voyager, il faut aller à pied"
Jean-Jacques ROUSSEAU
"Il n'y a qu'une espèce valide de voyages, qui est la marche vers les hommes"
Paul NIZAN
"Voyager ne sert pas beaucoup à comprendre mais sert à réactiver pendant un instant l'usage des yeux : la lecture du monde"
Italo CALVINO
"Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis mais non pas ce que je cherche"
Montaigne
"La croisance de l'Homme ne s'effectue pas du bas vers le haut, mais de l'intérieur vers l'extérieur"
Franz KAFKA
"Je suis les liens que je tisse"
Albert JACQUARD
"Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même"
Confucius
"A les français, ça voyage mal...c'est comme le camembert"
Claude ZIDI
"Tout bien considéré, il y a deux sortes d'hommes dans le monde : ceux qui restent chez eux, et les autres".
Rudyard KIPLING
Sélection d'oeuvres d'un artiste homonyme
www.philippe-mugnier.com
de grands talents, à l'esprit voyageur et
également professionel du tourisme à Etretat
Ses chambres d'hôtes sont tout habitées de l'esprit de
Guy de Maupassant et de Gustave Courbet
http://www.hws.fr/encart/lachaufferette.htm
Town Center
Soir de Décembre
La Fourmillère
Summertime in Casablanca
Métropolis

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