Utopie touristico-cosmopolite

 


Je fais un rêve…Il y a 42 ans, 13 personnalités de réputation mondiale lancent un appel pour la création d’un corps électoral transnational allant préfigurer une Assemblée Mondiale des Peuples. Cette Assemblée voulant contrebalancer le pouvoir de l’Assemblée Générale de l’ONU qui réunit des représentant d’Etats, non élus par les peuples mais désignés par les Etats. L’Association « Citoyen du Monde » prenait son envol. L’idée exprimée par Guy Marchand est d’une simple logique : à problèmes communaux, élus communaux - à problèmes nationaux, élus nationaux - à problèmes mondiaux, élus mondiaux. Il y a des problèmes mondiaux or il n’y a pas d’élus mondiaux.

La démocratie mondiale n’existe donc pas. La Citoyenneté Mondiale n’existe pas. Tout du moins, pas encore…le tourisme pourrait-elle être cette force donnant le coup de main nécessaire?

Depuis l’aube de l’humanité, un grand rêve ne cesse de travailler les hommes : c’est celui du cosmopolitisme. Se nomme citoyen du monde ou cosmopolite quiconque désire œuvrer au rapprochement entre les peuples, considère cette planète comme sa patrie commune, estime que ses habitants forment un peuple commun avec des droits et devoirs communs et en dehors des clivages nationaux, et place l'intérêt de cet ensemble humain au-dessus des intérêts nationaux.

Fondé sur l’amour de la paix et de la liberté, sur la haute conscience de l’unité de l’humanité, le sentiment cosmopolite aura contribué, et contribue encore à la tâche de civilisation de la planète et du progrès de l’humanité. A l’heure où le fracas des nationalismes se fait assourdissant et où le thème de la mondialisation heureuse - ou malheureuse selon les analyses- fait la une des journaux, réfléchissons sur l’expression « Citoyen du Monde », sa genèse, son actualité et ce qu’elle peut signifier pour nous professionnels du tourisme,

Même des peuples et dans les cultures dont nous remontons les traces le plus loin dans le passé – en Mésopotamie par exemple, les mythes, les titres et les cartes géographiques témoignent déjà d’une vision universaliste du monde. Il faut pourtant attendre des millénaires pour que soit franchie l’étape suivante et qu’apparaisse la notion de citoyen, celui qui participe à la vie de la Cité.

Au IV è siècle a J.C., Diogène de Sinope prétend pour la première fois être « Citoyen du Monde ». Les grecs sont donc les premiers à se fixer pour tâche la pensée conceptuelle de l’unité du monde : ils postulent par principe la commune appartenance de tous ceux qui ont un visage humain. Par le voyage mythique d’Ulysse et la colonisation grecque, on commence à appréhender le monde dans son unité. En Grèce, le passage de l’étranger du statut d’ennemi à celui d’hôte est une des grandes conquêtes de la civilisation humaine. 

Les stoïciens formulent vers 315 a J.C. avec leur père fondateur Zénon de Kition une doctrine du cosmopolitisme qui reste en vigueur pendant tous les siècles de l’époque hellénistique et de l’Empire romain.

Leur cosmopolitisme est issu du désir de l’individu d’échapper aux ordres préétablis, d’échapper aux liens telluriques, aux appartenances de caste et de se développer en tant que personne. Avec l’appui de la raison, qui se pose comme autonome et prétend à la validité universelle, l’individu - qui va toujours de l’avant et fait sans cesse de nouvelles découvertes - aspire à l’émancipation et à la liberté. Euripide proclame « Partout dans les airs, l’aigle est chez lui, sur toute la terre, l’homme noble est dans sa patrie ». Socrate proclame quant à lui « Je ne suis ni d’Athènes, ni de Corinthe, je suis Citoyen du Monde ».

Le deuxième élément constitutif du cosmopolitisme grec remonte à Alexandre, dont le principe fondamental est l’égalité entre les peuples qui ne doivent former qu’une seule communauté. L’expérience de l’empire d’Alexandre engendre l’idée de l’Etat universel. Il ordonne ainsi aux Hellènes et aux Barbares de se mêler comme dans – je cite - un calice d’amour universel. Ils doivent, proclame t-il, considérer le monde comme leur véritable patrie. Alexandre se considère comme un bienfaiteur de tous les peuples, à qui il apprend à dépasser les frontières et les préjugés nationaux pour servir l’humanité. Alexandre cherche donc à former l’empire universel. Lorsque le monde hellénistique passe progressivement sous l’autorité romaine, les idées et les pratiques cosmopolites deviennent hors d’usage et tombent dans l’oubli pour un millénaire et demi. La mobilité donne place à la sédentarité.

 A cette époque, le développement de la personnalité n’est recherché en aucune façon. La liberté, considérée à l’origine comme le moteur premier de l’individu, devient une indépendance présomptueuse, une forme de révolte contre l’ordre établi, une révolution contre les puissances, une rébellion contre Dieu lui même. Dans le cadre de cette évolution, la vie en ce bas monde se trouve dévalorisée par rapport à la vie dans l’au-delà. Le Citoyen du Monde stoïcien était tourné vers le monde, le nouvel universalisme catholique se détournait au contraire du monde pour s’orienter vers l’au-delà. C’est Saint Augustin et les 21 livres de « La Cité de Dieu » qui fixe le cadre de cette pensée.

Les choses changent presque d’un coup à partir du milieu du XI ème via le développement des pèlerinages, des croisades, des voyages commerciaux, la constitution de corporations autonomes de bâtisseurs qui marquent le haut Moyen Âge, le développement des marchés et foires internationales (à Anvers, Genève, Lyon, …)

A la Renaissance, les humanistes reprennent souvent à la lettre les conceptions du cosmopolitisme de l’Antiquité. Mais à la différence des cosmopolites de l’Antiquité qui vivaient dans de vastes empires multinationaux et polyglottes, les humanistes de la Renaissance vivent dans de minuscules principautés qui se livrent une guerre cruelle.

Le cosmopolitisme conçu pendant les siècles du Moyen Âge comme un désir d’unité sous l’autorité d’un même chef spirituel ou temporel déplace à la Renaissance son objectif vers la paix terrestre. Le sens de la vie des humanistes n’est plus celui d’une retraite hors du monde, mais d’une tentative d’exercer une action sur lui.

En 1544, Guillaume POSTEL redéfinit le terme de « cosmopolitisme » comme une orbis terrarum concordia, c’est à dire, une concorde mondiale laïque, une fraternité supranationale hors de l’orbite religieuse, fondée sur le libre choix des individus.

Puis vient l’explosion planétaire et l’ère des grandes découvertes géographiques. Jusqu’alors, toutes les conceptions universalistes comportaient une réserve tacitement admise : on entendait par « monde » la partie du monde connue, accessible et explorée. Le vieux rêve de l’unité de l’humanité se met alors en œuvre, tout du moins d’un point de vue géographique.

Puis vient le véritable siècle du cosmopolitisme : le XVIII ème, celui des Lumières qui prend rapidement une dimension politique. La citation de Pierre BAYLE est éclairante « Pas plus français qu’allemand, anglais ou espagnol, je suis citoyen du monde, je ne suis ni au service de l’empereur ni au service du Roi de France, mais au service de la vérité, elle est ma seule Reine à qui j’ai prêté serment d’obéissance ». Quant à Thomas JEFFERSON, il inscrit la mission universaliste des Etats-Unis dans la Déclaration d’Indépendance : l’Amérique agit pour l’humanité entière. Aux yeux de Locke, la division du monde en Etats séparés et indépendants n’est qu’un effet de la nature mauvaise de l’homme qu’il faut surmonter.

Condorcet veut quant à lui voir à la place des nombreux Etats indépendants un Etat Universel englobant l’humanité entière dont la fondation est à la fois souhaitable et inéluctable. Ce même Condorcet  projette la fondation d’un institut universel qui se consacrerait à la création d’une langue universelle. Au XVIII ème, ces pensées optimistes et ces généreux idéaux sont défendus surtout par des intellectuels étonnamment unis et en harmonie en dépit de toutes les différences personnelles ou nationale et de toutes les divergences d’opinion.

Les signes extérieurs de cette appartenance sont la fréquentation de certains lieux de rencontre, cafés, caves, bars à huîtres, où se rendent les plus illustres, les invitations occasionnelles ou régulières dans les salons, enfin l’inscription dans des clubs, loges, sociétés savantes ou académies. Paris compte à l’époque jusqu’à 800 salons. Les salons et celles qui les tiennent assument aussi une fonction médiatique et de communication qui revient aujourd’hui à la presse et à la télévision. Tel Internet aujourd’hui, la correspondance est aussi une véritable folie sous les Lumières.

 Le cosmopolitisme au cours de la seconde moitié du XVIII atteint par contre un sommet. En dépit de la 2ème vague d’expansion et de colonisation des grands Etats européens, le cosmopolitisme recule au XIX et XXème siècle devant les actions nationalistes et impérialistes des Etats souverains. Aussi, pour la première fois, durant le XX ème, le cosmopolitisme est institutionnellement combattu.  Il devient même une injure dans la bouche de Staline ou d’Hitler. Le cosmopolite est un dégénéré. Les thèses conspirationnistes reprennent de la vigueur sur ces cosmopolites forcément illuminati ou juifs qui voudraient contrôler le monde et créer un gouvernement mondial, fossoyeur des libertés et de la paix.

Les comportements et les idées cosmopolites se retranchent alors dans un certain nombre de groupes sociaux (les diplomates, savants, artistes, sportifs, …) et dans un certain nombre de réduits (les hôtels internationaux, paquebots, …)
. Le grand paradoxe de ce XX siècle réside en ceci que nous avons atteint dans le monde entier un degré extrême de sentiment national au moment même où, de tout point de vue rationnel, nous devons trouver les moyens de surmonter le nationalisme. Sur le plan politique, le monde s’est morcelé en près de 200 nations. Parallèlement, l’ONU tente, à travers différentes organisations internationales, de fédérer - globalement ou thématiquement - ces 191 nations dans un objectif de paix et de progrès. Mais à l’ONU, il n’est plus question de cosmopolitisme – il n’est seulement question que d’internationalisme – c’est à dire de gestion des relations entre nations. Les groupements inter- ou supranationaux sont en effet structurés en fonction des appartenances nationales.

Au XXème siècle, il n’existe sur le plan pratique aucune organisation politique globale, démocratique et cosmopolite. Le cosmopolitisme institutionnel reste encore aujourd’hui une utopie. Au niveau des individus, le sentiment cosmopolite grandit pourtant. Phénomène récent, le tourisme international, jadis réservé à l’aristocratie anglaise - s’est démocratisé en 50 ans à peine à l’échelle de la planète avec plus de 700 millions de voyageurs internationaux en 2004 – Ce mouvement est exponentiel. En 2020, nous compterons plus de 1,5 milliards de voyages internationaux, soit le double du chiffre de 2004. C’est aujourd’hui la première industrie mondiale. Parallèlement, par la naissance d’une opinion publique mondiale via les media et le web, l’humanité devient une communauté de larmes, de souffrances et de joies. Aucun pays ne reste extérieur à la politique mondiale. En 1969, plus d’un milliard de terriens observe la Terre filmée de la lune…

Par ces phénomènes inédits, la conscience de l’unité de l’humanité s’étend, les comportements cosmopolites se démocratisent, l’idée de cosmopolitisme gagne petit à petit des couches plus larges, et ce sur tous les continents, même les plus pauvres. Aussi, un siècle après la création des associations issues de la Loi de 1901, les engagements associatifs prennent une dimension cosmopolites et déconnectée des Etats, qu’ils soient humanitaires (Médecins du Monde, Croix Rouge, …) ou politiques (Forums Sociaux, Attac, Greenpeace…).  De son côté, la notion d’ingérence humanitaire a fait son chemin.  Chacun se mêle de ce qui se passe chez l’autre. Aussi, pour certains, l’avènement du « village planétaire libéral » peut être perçu comme la réalisation de l’utopie cosmopolite. Chacun étant en effet libéré, par le libéralisme, du carcan des Etats nations jugés par certains responsables de nos maux présents, passés et à venir .

Suite à ce panorama historique, comment pourrions nous définir le cosmopolite, le « Citoyen du Monde » ? En résumé, le comportement cosmopolite se fonde sur l’individu qui considère le monde comme sa sphère d’évolution et de développement, où tous les hommes sont semblables. Le cosmopolite n’ignore, ne nie et ne méprise en aucun cas les différences qui se sont historiquement instaurées entre les nations et autres groupements d’affiliation. Mais il ne leur prête aucune signification mystique ou métaphysique. 

Le cosmopolite veut entrer en contact avec les nations étrangères, leurs habitants, leurs institutions, et leur philosophie, toujours dans l’optique de l’humanité unique. Il ne s’arrête pas aux particularismes, il les assimile.  

Le cosmopolitisme antique était la communauté suprême réunissant tous les hommes et les dieux. Au fil des millénaires, on l’a vu,  on finit par désigner sous son nom de cosmopolites tous ceux qui prétendent avoir partout sur la planète un droit à la citoyenneté et tenant pour illégitimes les frontières, fermetures et exclusions, interdictions d’entrer ou de sortir d’un pays, et autre obstacles et barrières.

La foi dans le progrès de l’histoire est la condition même d’une appréhension cosmopolite du monde. Au sein de ce monde doit – en second lieu – régner la paix. La paix cherchant sa réalisation avec plus ou moins d’intensité et d’urgence ici bas ou dans l’au delà.

Erasme a été le premier a ériger en principe politique absolu la nécessité d’un monde sans guerre. La tolérance à l‘égard des êtres résulte de cette impératif de paix. Et au cœur de cet univers uni et pacifique doit – en troisième lieu  - régner la liberté, en particulier la libre circulation.

Le cosmopolite doit pouvoir se déplacer librement et sans entraves, agir en toute liberté, aussi bien sur le plan de la participation politique que de l’épanouissement de sa personnalité individuelle.

Après ce grand détour politico-philosophico-utopique, une réflexion à méditer : l’industrie du tourisme n’est-elle pas en train de créer ces hordes de « Citoyens du Monde » ?  
 http://citmonde.free.fr/ 

 

 

 

Samedi 20 juin 2009

C’est l’histoire d’un mec, qui sur l’insistance de sa femme voulant creuser un trou pour conserver les patates dans sa cave, transforme le modeste orifice en temple troglodyte de 21 mètres de profondeur (l’équivalent d’un immeuble de 7 étages !) sous sa maison… En 1983, Levon ARAKELYAN est un modeste manoeuvre dans le batiment et fait des va-et-vient de plusieurs mois entre l'Arménie et la Russie. Il reçoit soudain la visite d’un ange éblouissant et architect e en chef dans sa modeste maison de Arinj, proche banlieue de Erevan. L’ordre de l’ange est clair (sous la dictature, ça rigole pas...) : «  Je te confie un boulot – tu vas vivre 96 ans et des images vont t’apparaître pendant toutes ces années. Respecte ces ordres scrupuleusement - Constuit moi une cathédrale !». La spiritualité c’est bien beau en URSS athée - le temple attendra, mais en cette période de disette soviétique, sa femme Tosya se fait plus insistante « J’ai besoin d’un trou pour bien conserver les patates pendant l’hiver ». Deux ans plus tard en 1985, pour calmer son épouse Tosya devenue sérieusement menaçante, il prend son courage à deux mains et creuse le dur basalte de sa cave que tout le village juge impénétrable. Avec trois verres de cognacs arménien, l’œuvre est plus facile – le trou à patates est achevé mais sa peine n’est pas terminée - l'ange n'a pas la mémoire courte. Surprise, l’ange revient en le rappelan t à l’ordre et sa vie bascule définitivement. Il démissionne de son boulot pour désormais ne plus  se consacrer qu’à l’exécution du plan divin dans sa maison : creuser une cathédrale souterraine. Sa femme ramenera la pitance mais le salaire de Levon en moins, il n’y a plus de patates pour sa famille de 4 enfants qui s’enfonce dans la misère. Plutôt que de s’élever alors vers le ciel, Levon creuse, creuse et creuse encore  17 heures par jour. La famille survit tout juste.  Mais sa force est surnaturelle, il creuse, creuse, creuse – à la force unique de sa main et sculpte cavités, chapelles, croix, alcoves…. Fo rt ému, Boris ELTISNE (après une visite à l’usine de Cognac Arménien ARARAT) en visite à Erevan lui offre de beaux outils bien plus pratiques. Conservés religieusement, Levon ne s’en servira jamais – il continue avec acharnement avec ses maigres ciseaux et marteaux. 24 ans après l’apparition de l’ange et une famille qui s’enf once encore plus dans la pauvreté, le chef d’œuvre est magnifique – une véritable merveille souterraine. « Tout me vient en rêve pendant la nuit et au réveil, mon travail de la journée est très clair et chacun des centimètres est conforme au plan” dit Levon « Je ne veux pas sortir de cette cave, ce lieu est le mien et ma vie spirituelle est désormais totalement séparée du monde séculaire et ses problèmes ». Entre-temps, il évacue du sol plus de 450 camions de pierre et terre pour son œuvre en ayant bien en tête d’exécuter une cathédrale souterraine de 74 cavités – « Conformément à l’ordre » dira t-il. Impossible, la mort l’a emporté en février 2009 soit 30 ans avant ses 96 ans annoncés par l’ange qui n'aura ainsi pas tenu parole alors que Levon, lui - a bien joué le jeu - scrupuleusement ! Levon n'aura alors achevé "que" 8 pièces cavités (et tout autant de couloirs et escalier s) - un travail de titan. Sa veuve Tosya que j’ai eu l’honneur de rencontrer le 20 juin 2009 est évidemment inconsolable...(photo ci-contre, devant une autre oeuvre de Levon : le mythique Mont Ararat pardi !). Depuis, plus de 40 000 visiteurs sont venus découvrir l’œuvre de son défunt mari. La famille est définitivement sortie de la misère - n’a jamais pu s'offrir autant de patates et de capacité de stockage sous leur modeste demeure et merveilleux jardin…mais Levan n'est plus là. Cette histoire est belle et triste. Des gens forts simples pour une vie et oeuvre extra-ordinaires.Venez visiter cet endroit, Tosya a besoin de comprendre que son mari a bel et bien réalisé une oeuvre prodigieuse de sa vie comme du sous-sol de sa maison modeste pour la postérité.  Merci Tosya de ton émotion et la bonté de ton accueil. Ton Levon a été un être extraordinaire. That’s all folks - c'est en Arménie.

Par philippemugnier - Publié dans : Tour du Monde
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Jeudi 18 juin 2009

L’âme iconoclaste de l’Espagne s’est illustrée via Dali, celle de l’Italie via Fellini, la Française via Cocteau. Complétons cette famille de doux fabuleux par un détour en Arménie. Et si la « movida caucasienne » qui prend son envol depuis quelques années avait commencée par Parajanov ?

Coup de foudre au Musée Parajanov de Erevan/Arménie
www.parajanovmuseum.am. Suivez le guide…. Né le 9 janvier 1924 à Tbilissi en  Géorgie, mort le 20 juillet 1990 à Erevan en Arménie, Sergey PARAJANOV est un réalisateur qui fut controversé en Union soviétique, mais très défendu et apprécié par les cinéphiles occidentaux. Sans connaître la la ngue de ses ancêtres arméniens, ni leur pays, Paradjanov va graduellement s’éloigner de la grammaire soviétique pour élaborer une œuvre cinématographique en prise directe avec les traditions des régions caucasiennes où il tourne. Artiste pluriethnique, musicien, plasticien, peintre, il doit en partie sa tournure d’esprit au fait que son père, Iossif Paradjanian, était antiquaire. Un contact précoce avec les objets d’arts a façonné son imaginaire et son goût pour les collections. Il a inspiré sa pratique stakhanoviste des collages, qui tiennent à la fois de l’art conceptuel et du folklore naïf ; des films compressés en quelque sorte, que Paradjanov bricolait lorsqu’il ne pouvait pas tourner (en prison notamment). Sa vie et son art étaient mêlés. Sa maison familiale de Tbilissi, ouverte aux hôtes de passage, était un grand capharnaüm où s’entassaient décors, costumes et objets d’art hétéroclites. Ses films singuliers sont souvent influencés par la diversité ethnique de sa région natale le Caucase et mêlent réalité sociale, folklore, légen des et chamanisme. Si cet artiste hors catégorie jouit alors d’une certaine notoriété, c'est moins pour son œuvre que pour son statut politique. En décembre 1973, les autorités soviétiques le condamnent à cinq ans de travaux forcés. Paradjanov fait la une des journaux lorsqu’il est incarcéré en Ukraine en 1974 pour « commerce illicite d’objets d’art, homosexualité et agression sur la personne d’un fils de dignitaire du régime », les médias, les comités se mobilisent (en France, Yves Saint-Laurent, Françoise Sagan, et surtout Louis Aragon, montent au créneau). Le pouvoir reproche implicitement au cinéaste de promouvoir le nationalisme. À l’époque, il a déjà tourné l’essentiel de son œuvre : six longs métrages. Il ne passe que quatre ans en prison. Au sortir de sa détention, il réalise des collages et produit un grand nombre de dessins abstraits. Mais il sera à nouveau incarcéré. Ses divers séjours en prison s’achèvent en 1982. Il en revient malade (diabétique, cancéreux). Mais, soutenu par plusieurs intellectuels, il réussit à tourn er deux films : La Légende de la forteresse de Souram (1985) et Achik Kérib (1988). La Légende de la forteresse de Souram est tirée d’une nouvelle du Géorgien Daniel Chonkadzé selon laquelle une forteresse ne peut être sauvée de la ruine que si un homme y est emmuré. Achik Kérib, tiré d’une nouvelle du poète russe Mikhaïl Lermontov, rappelle les contes des Mille et une nuits : un jeune troubadour pauvre tombe amoureux de la jolie fille d'un riche marchand. Pour pouvoir l’épouser il décide de faire fortune en parcourant le monde… Vous voulez sentir et comprendre le Caucase éternel tout autant que  l'Arménie cosmopolite ? Le Musée Parajanov doit être votre première visite dès votre sortie de l'aéroport de Erevan !

Par philippemugnier - Publié dans : Tour du Monde
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Vendredi 3 avril 2009

La SNCF aime les horaires précis et déteste les chiffres ronds. Samedi 27 décembre 2008, journée de grands départs des vacances de Noël, je poirote déjà depuis 30mn devant le seul guichet ouvert sur 3 de la gare SNCF de Cluses, fief haut-savoyard du décolletage et de l’horlogerie. Devant moi, plus de 15 personnes commencent à tourner en bourrique. Tout l’effet destressant de leurs vacances aux sports d’hiver part en fumée. Par bonheur, la guichetière est protégée d’une vitre. Devant le comptoir, un joli panonceau vous rend soit dingue, soit vous amuse pendant cette attente interminable. Ce jour, je fais le choix de la seconde option et m’évade de cette queue par la pensée en me lançant dans de savants calculs. Ces derniers sont complexes mais vérifiez bien, le préposé effectuera bien 7 heures par jour X 5 jours = 35 h par semaine. Exactement 3h55 de travail entre 8h10 et 12h05 puis 3h05 de labeur entre 14h35 à 17h40. 3h55 + 3h05 = 7 !!! Le compte est bon. 7 heures par jour ! De ce panonceau Kafkaïen, Jacques Prévert ou Boris Vian en auraient fait de superbes poèmes et chansons surréalistes. Y aurait-il un savant horloger à la SNCF de Cluses qui pourrait m’expliquer pourquoi l’option 8h-12h et 14h30-17h30 n’a pas été retenue pour l’ouverture des guichets? Solidarité des ouvriers du rail avec ceux du décolletage et de l’horlogerie ? Crise oblige, il s’agit certainement de relancer l’industrie de la montre… www.musee-cluses.com

Par philippemugnier - Publié dans : Décalé
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Vendredi 9 janvier 2009
En 2003, après La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand a lancé avec Sibylle d'Orgeval et Baptiste Rouget-Luchaire le projet "6 milliards d'Autres". 5.000 interviews ont été filmées dans 75 pays par 6 réalisateurs partis à la rencontre des Autres.

Du pêcheur brésilien à la boutiquière chinoise, de l'artiste allemande à l'agriculteur afghan, tous ont répondu aux mêmes questions sur leurs peurs, leurs rêves, leurs épreuves, leurs espoirs :

  Qu'avez-vous appris de vos parents ?
Que souhaitez-vous transmettre à vos enfants ?
Quelles épreuves avez-vous traversées ?
Que représente pour vous l'amour ?...

Une quarantaine de questions essentielles permettent ainsi de découvrir ce qui nous sépare et ce qui nous lie. Ces portraits de l'humanité d'aujourd'hui, déjà partiellement accessibles sur le site www.6milliardsd'autres.org seront présentés au Grand Palais lors d'une Exposition du 10 janvier au 12 février 2009.
www.6milliardsdautres.org
Par philippemugnier - Publié dans : Pub et copinage
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Mardi 9 décembre 2008

Je dois l’avouer, je suis un grand nostalgique des billets de 100 francs qui circulaient encore jusqu’en 2002 dans le monde entier avec la Marianne de Delacroix guidant le peuple vers la liberté. Par sa monnaie et son billet de 100 balles à la poitrine dévêtue, généreuse et décomplexée, la France exprimait alors ses valeurs de liberté et laïcité sans concessions. Quel plaisir que de penser que les plus prudes, conservateurs et intégristes ne refuseraient pas ce billet de fortune. L’argent n’a pas d’odeur…mais ses symboles véhiculent des valeurs et une posture de la France aensuelle. L’Hexagone revient là à ses fondamentaux identitaires et se trouve ré-énergisée pour conquérir le monde et propulser son idée de la féminité assumée et libérée et de la liberté proposée au monde globalisé. Depuis, de sinistres ponts et portes ont remplacé sur l’Euro les personnes jadis animées de pulsions révolutionnaires.

 

Plus proche de nous, février 2008, la CarlaBrunimania est à son comble et les 2 tourtereaux présidentiels se disent oui pour la vie. La France s’est retrouvée une nouvelle Marianne de la féminité, de l’élégance, de la générosité.  La communication d’Etat nous présente alors une République s’incarnant de nouveau via une Marianne libre, authentique. Le 19 juin 2008, Hervé NOVELLI, sous-ministre du tourisme peu connu pourtant pour ses positions libertaires présente avec fierté lors de la grande messe des Assisses Nationales du Tourisme  le nouveau logo de Maison de la France, organisme d’Etat chargé de promouvoir l’Hexagone touristique à l’étranger. Une campagne internationale est annoncée pour l’automne. Les plus républicains se réjouissent d’imaginer la France promue dans le mond e entier dont les pays les plus réactionnaires, à travers cette image réaffirmée d’une France féminine et affranchie via une Marianne sexy invitant au « Rendez-vous en France ». Le graphisme ne laisse place au doute : la France revient à sa Marianne d’origine, seins à l’air. Dans le logo réalisé par l’agence Carré Noir, on y voit en effet une Marianne – symbole féminin de la République française – regardant vers l’avenir, mais surtout nue pour qui sait bien regarder. La lettre F de France avec la barre de la lettre R forment son bras droit ; les traits arrondis du R, son sein droit vu de profil ; la A, son sein gauche vu de face ; et le N, son bras gauche. En-dessous, figure le slogan évocateur «Rendez-vous en France». Le groupe de travail composé de professionnels du tourisme et de la communication a tout d’abord organisé une réunion de réflexion pour déterminer les valeurs qui rendent la France unique. Résultats : la liberté (indépendance, créativité, imagination, audace, spontanéité, multitude de possibilités) ; l’authenticité (histoire, patrimoine, culture, naturel, vrai) ; la sensualité (plaisirs, hédonisme, épicurisme, amour, intensité, intuitivité, passion, féminité). 

 

Patatra, le 12 septembre 2008, le chanoine du Latran Sarkozy accueille Benoit XVI et la France, fille aînée de l’église bascule dans une ambiance d’encens et d’eau bénite des plus envahissantes. Le 24 novembre 2008 jour du lancement de la campagne internationale de Maison de la France, abracadabra, Marianne redevient prude et hasard (?) de la communication gouvernementale, l’agence de publicité ayant du revoir sa copie, les nichons de la république ont disparus ! Les prudes ont gagnés. Du côté de Maison de la France, aucun commentaire sur ce virage en communication sinon le besoin de réagir au tollé des profes sionnels. La France a du changer entre-temps. Il est vrai que la Marianne préférée de notre Président est Mireille MATHIEU. Place de la Concorde, on est bien loin des performances de Janet JACKSON qui ont déclenché les foudres de culs-bénits américains. Vraiment, je suis nostalgique des billets de 100 francs – depuis, les couleuvres du politiquement correct globalisé ont été avalées, l'autocensure règne et la République est retournée s'habiller.

Par philippemugnier - Publié dans : Politique
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Vendredi 10 octobre 2008

  Le tourisme est une industrie merveilleuse… Elle n’a de cesse d’inventer de nouvelles beautés sans lesquelles l’Homme ne pourrait construire et éduquer son sens du Beau, du Noble, du Vrai, de l’Héroïque. Il y a encore quelques années, la découverte touristique était une révision, illustration ou approfondissement « en réel » et sur le terrain de nos cours oubliés et biens enfouis de géographie, géologie, botanique, histoire, architecture ou encore politique. Les vacances d’alors avaient un goût d’après classe et l’instituteur était remplacé par le guide à casquette. Toute visite était alors prétexte à se confronter par la pierre à la réalité passée des Grands Hommes, des Grands Faits, des Grandes Œuvres de l’art et des techniques et de la magie réelle de la nature. Désormais, le jeune touriste devra avoir fait un petit détour par « Voici », « Paris Match » et le « Journal de 20h » pour bien comprendre ce que ses parents veulent lui montrer en vacances parmi les nouvelles beautés incontournables de ce monde. Le voyageur Ulysse, désormais imbibé par l’industrie envahissante de l’entertainment et de la  « pipolisation » du monde trouve désormais ses héros où il peut – dans les magazines chez son coiffeur s’il n’a les moyens de voyager ou alors sur les lieux que l’industrie du tourisme désormais « pipolisée » à grand renforts de publicité. Magie du tourisme, chaque lieu de ce monde peut devenir un must touristique par la puissance de l’industrie de l’imaginaire et du futile. Le poème se déclame maintenant ainsi : Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage  e t comme cestui là s’est exalté en découvrant le « Pont de Rivière Kwai » de Steve McQueen au Sri Lanka, a joggé sur le même chemin que Sarkozy à Brégançon, a retrouvé avec émotion le lavoir de la Mère Denis dans le Morbihan, à joué à Passepartout à Fort Boyard en Charente, a crapahuté dans les volcans de la pub Volvic, a retrouvé l’hôtel de l’île Maurice sur la plage duquel Emmanuel Béart a dévoilé sa poitrine à la France entière, a retrouvé le pont du village de Bergues  à partir duquel le facteur Ch'Ti Dany Boon a pissé dans la rivière, a savouré les paysages de Patagonie dans lesquels Florent PAGNY exerce sa liberté de penser, a remplacé le guide Michelin par la prose DaVinci Codienne pour la découverte des grands monuments parisiens, à navigué dans l‘lndochine de C atherine Deneuve… (ou de Marguerite Duras pour les plus cultivés),…

A côté des merveilles bien réelles qui visiblement ne suffisent plus à satisfaire les touristes, l’industrie avait déjà inventé le commerce du souvenir de pacotille. Désormais, l’objet du tourisme est aussi de visiter des pacotilles. Le show-business est désormais le meilleur allié de l’industrie des voyages.

Par philippemugnier - Publié dans : Marketing
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Dimanche 24 août 2008

Découragés par des listes d’attente interminables, des patients fortunés parcourent des milliers de kilomètres pour recevoir un rein, un coeur ou une cornée sans trop se soucier de leur provenance. Cet affreux trafic repose sur le manque de scrupules des uns et le manque d’argent des autres. Moins visible, le commerce des transplantations et le niveau type de tourisme qu'il génère repousse les barrières éthiques au seul profit de l’offre et de la demande. Face à la pénurie d’organes des pays développés, des donneurs des pays pauvres poussés par la pauvreté sont prêts à sacrifier un rein ou une cornée, quitte à rester ensuite sans soins.

L’enfer des donneurs "malgré eux"

"Dans le Pakistan rural, Haleem Bibi n’a pas eu le choix pour aider sa famille après la sévère blessure à la main de son mari. Pour joindre les deux bouts en février de l’année dernière, cette mère de 7 enfants a vendu un de ses reins pour près de 1 500 dollars à une clinique s’occupant de clients étrangers, prêts à débourser plus de 40 000 dollars pour une transplantation d’organe. Quelques mois plus tard, la famille de Bibi croule toujours sous les dettes et sa santé s’est détériorée après n’avoir reçu aucun soin post-opératoire, une constante pour ce type de commerce". Tel est le tableau effrayant qui ouvre le dossier du Bulletin de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en janvier 2007. Des milliers de personnes pauvres du Pakistan mais également d’autres pays se retrouvent exploités sur le marché international des organes. Selon l’OMS, près de 10 % des 63 000 greffes de reins réalisées chaque année dans le monde impliquent le paiement des donneurs non-apparentés et de différentes nationalités.

En Chine, ce sont les organes des condamnés à mort qui trouvent là un débouché financièrement juteux. L’origine des greffons permet même de programmer les transplantations selon le choix du "client". Mais le pays se s'est récemment engagé à ne plus recourir à ce type de pratiques lors de la conférence de Guangzhou sur les transplantations… évitant ainsi une mauvaise publicité quelques mois avant le début des Jeux Olympiques de Pékin. Le rouleau médiatique compresseur des JO étant désormais terminé, retrouvons vigilence...

Selon Organs Watch, projet indépendant de scientifiques, la liste des pays soupçonnés de ce type de trafic est longue : Pakistan, Chine, mais aussi Afrique du sud, Inde, Moldavie, Brésil

Favoriser les alternatives au don pour mettre fin à ce tourisme morbide

En 2006, en France, près de 12 400 personnes ont eu besoin d’une greffe d’organes et 229 patients sont décédés faute de greffon. Chaque année, le nombre de personnes inscrites en liste d’attente est plus élevé (+ 4 % en 2006) et le décalage entre le nombre de nouveaux inscrits (5 433 en 2006) et le nombre de greffes réalisées (4 426 en 2006) reste important.

Différentes approches ont tenté de lutter contre le manque d’organes disponibles.

Parallèlement, la recherche progresse tentant de mettre au point des alternatives au don d'organes, comme les greffes d’organes d’animaux, des organes artificiels ou la mise en culture de cellules ou d’organes humains. Enfin, des soins préventifs s’avèrent nécessaires pour empêcher l’apparition de maladies nécessitant des greffes. Mais aucune de ces mesures ne saurait constituer des solutions crédibles dans les 5 à 10 ans à venir.

Faut-il autoriser le commerce d’organes ?

En 1991, l’Assemblée mondiale de la santé adopte le principe de l’interdiction du commerce d’organes : "Le corps humain et ses organes ne peuvent être l’objet de transactions commerciales. De ce fait, donner ou recevoir paiement (incluant toute forme de compensation ou de récompense) pour des organes doit être interdite".

Mais aujourd’hui, certains professionnels de santé vont jusqu’à remettre en cause ce principe. C’est le cas de Amy Friedman chirurgien américain spécialisé dans les transplantations qui plaide dans le British Medical Journal pour un paie ment des donneurs vivants non-apparentés. Selon lui, ce procédé permettrait d’augmenter l’offre via un marché légal et d’éliminer ainsi les trafics, en rendant la procédure plus claire pour toutes les participants. Outre des réserves éthiques évidentes, un tel système (déjà en place en Arabie Saoudite) attire immanquablement les catégories les plus pauvres de la population sans pour autant répondre pleinement à la pénurie de greffons. Enfin, une officialisation de ce commerce ne mettrait pas pour autant fin au trafic d’organes dans les pays défavorisés, où de nombreux candidats au don resteront séduits par l’argent, ou devront céder à des pressions autres que financières. Même en cas d’adoption de règles éthiques dans ces pays, il sera plus que difficile de les faire respecter avec un système sanitaire insuffisamment structuré
Un système de transplantation basé sur l’argent devrait immanquablement accroître les inégalités, jusqu’à donner un prix à l’intégrité du corps ou à la dignité. A l’inverse, un système basé sur la solidarité et le don avec pour seule motivation le fait de sauver des vies n’apparaît pas suffisant pour régler le problème de manque de greffons.

Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Politique
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Dimanche 24 août 2008
Vous êtes l'heureux maître d'une peluche qui recherche désespéremment une véritable visite culturelle, un peu de repos, de la relaxation et du dépaysement ? L'océan de douceurs et reconfort que votre ours en peluche vous procure depuis votre tendre enfance mérite bien une belle reconnaissance de votre part, non ? Vous pouvez donc désormais lui offrir le voyage de ses rê ves. L'agence TEDDY TOUR à  BERLIN propose à votre peluche préférée une semaine de vacances pour une visite complète de Berlin (monuments majeurs, shopping, musées, ...), un picnic au parc ou encore les soins attentifs d'un physiothérapeute. Naturellement,  votre peluche reviendra avec un superbe album photo de ses périples et vous recevrez quelques jours plus tard ses cartes postales de tendre reconnaissance. 

Trois principes forts guident les prestations de l'agence :
1.  La sécurité - et ce de son arrivée à l'aéroport à la fin du voyage. Normal, une peluche fait partie des êtres les plus irremplaçables qui soient. Leur perte est tout bonnement impensable pour vous.
2. La non-discrimination : quelque soit la race et couleur, nationalité, religion, orientation sexuelle, forme physique ou psychologique de votre peluche - le service sera au top.
3. L'environnement : tout son périple se fera en vélo ou en transports en commun, votre peluche pouvant ainsi pleinement se vivre en eco-citoyen

4 packages sont possibles de 39 à 139 €  : circuit "paparazi", "compact", '"exclusif" ou "deluxe"



Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Décalé
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Dimanche 17 août 2008
Ils ont une moyenne d'âge de 60 ans, sont américains, anglais, allemands, israëliens ou palestiniens et présentent le profil parfait de croisiéristes prêts à savourer une croisière qui s'amuse. Pourtant, ces touristes sont d'un nouveau genre : ils préparent une croisière commando entre Chypre et Gaza dès fin août 2008 - l'abordage du blocus de Gaza - ni plus, ni moins ! Leur objectif : alerter l'opinion publique internationale sur le calvaire de la bande côtière palestinienne étranglée depuis plus d'un an par le blocus israëlien. Ces compagnons et vétérans grisonnants ne r êvent que d'ouvrir de force avec leur bâteau (qu'aucune compagnie d'assurances au monde ne souhaite du reste assurer...) la première ligne maritime à destination de l'enclave sabloneuse de Gaza depuis son occupation par les troupes de l'état d'Israël en 1967. En dépit d'une grande tension et pressions depuis l'annonce de leur projet, les apprentis matelots tiennent bon. L'annonce que la marine israëlienne envisage d'arraisonner leur flotille ne les décourage pas. Après deux années de préparatifs épiques, tous ont le sentiments d'avoir déjà gagné. "Si les Israëliens nous arrêtent dans les eaux internationales, c'est un crime. s'ils nous arrêtent dans les eaux de Gaza, c'est la preuve qu'en dépit de l'évacuation des colons ce territoire est toujours sous occupation. Or, en droit international, l'occupant doit s'assurer du bien-être de la population, ce que bien sur Israël ne fait pas. Dans les 2 cas, on est gagnants. On prend le pays en flagrant délit de violation du droit international" affirment-ils. CQFD ! Par précaution, Hedy Epstein, la sup er-mamie de la troupe a pris des cours de natation à la piscine municipale avant de quitter le Missouri pour cette croisière sérieuse. Sait-on jamais...
 Mission réussie !

Sommes nous aux prémisses d'une nouvelle forme de tourisme : le "tourisme activiste" visant à profiter de son temps de vacances pour dans un cadre "enchanteur" d'une activité normalement de loisirs pousser un coup de gueule et mettre un beau boxon médiatique ?

Illustration d'actions possibles :

- mobiliser 500 skieurs sur un télésiège et refuser collectivement de descendre de son siège avant que la station de ski ne se prononce sur des enjeux de développement durable et aménagement de la montagne ?

- débarquer à 50 touristes dans une ferme auberge et prendre en otage un troupeau de vaches dans l'étable en exigeant de la Préfecture  et de la Chambre Régionale d'Agriculture de revoir leurs engagements en matière de subventions à l'agri-culture bio, à l'utilisation de farines animales, ...

- inviter plus de 5000 visiteurs dans le Louvre à refuser de sortir à la fermeture du musée en créant l'évènement médiatique qui invitera le Ministère de la Culture à reconsidérer sa politique tarifaire et d'accès à la culture, ...

- dans un hôtel club all-inclusive situé dans un pays en voie de développement, mener la fronde de tous les résidants de l'hôtel qui s'empareront de quantités phénoménales de nourriture de la formule buffet à gogo au bénéfice immédiat des populations pauvres environnantes de l'hôtel, ...

Bref, le "tourisme activiste" reste à inventer tout en ne faisant aucune concession sur le cadre bucolique, dépaysant, charmant de l'endroit (le Droit aux vacances ainsi respecté). Il permettra cependant à son adepte (plutôt à ses adeptes, car l'effet masse et de groupe est capital pour sa réussite) de revenir à la maison en ayant de beaux souvenirs de vacances à raconter à ses collègues de travail tout en ayant le sentiment du devoir accompli en matière éthique et politique, voire quelques résultats probants.




Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Politique
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Dimanche 10 août 2008

1. ARCHEOTOURISME

Refaire à l’identique des voyages que l'on a effectués jadis.

2. ANACHRONOTOURISME

1.Voyager muni d’un titre de transport périmé ou par un moyen de locomotion obsolète (chaise à porteurs, grand-bi, palanquin, galère, fiacre, draisine, 2 CV, dirigeable, etc),
2. Visiter une ville étrangère selon les conseils d’un guide de voyage dans une édition ancienne


3. CONTRE-TOURISME

1.Voyager en adoptant une conduite systématiquement opposée à celle que recommandent les guides.
Par ext. attitude qui consiste à prendre à contre-pieds les dictons d'inspiration touristique. Par exemple voir Naples et survivre ou mourir sans avoir vu Naples, décider qu'aucun chemin ne mène à Rome, partir et mourir beaucoup, ne pa s ménager sa monture et voyager loin quand même, etc…
2. Courir les monuments et sites touristiques majeurs non pas pour les photographier mais pour immortaliser la vue qui s’offre à contre-champ depuis eux.

4. ESTHÉTOURISME

Voyager d’«Hôtel Bellevue » en « Hôtel Belle Vue » . Photographier, dessiner, ou peindre ladite belle vue qui s’offre, chaque fois, depuis la fenêtre de sa chambre.

5. KIF-KIF TOURISME

1. Didact.Doctrine touristique selon la¬quelle tous les ailleurs se valent.
2. Partir pour une destination dont le nom est formé par redouble¬ment : Sing-Sing, Bora-Bora, Baden-Baden…

6. MINIMAL TOURISM

Parcourir des espaces dépouillés de grandes dimensions : déserts, tarmacs, parkings d’hypermarchés le dimanche…

7. NEOTOURISME

Courir les lieux du monde qui se vantent d'être nouveaux : Terre Neuve, la Nouvelle Zeelande, New-York, Neudorf…

8. THALASSO E XPERIMENTALE

Prétextant une panne de chaudière ou une coupure d'eau, se faire inviter à prendre un bain chez ses différents amis. Emporter avec soi l’attirail du parfait curiste: savon, shampooing, livre, serviette, peignoir, jeu d'échecs flottant, walkman étanche, algues, Martini…


9. TOURISME

Inclination particulière pour les tours, beffrois, clochers, campaniles, minarets, gratte-ciels…

10. TOURISME UNDERGROUND

Explorer les stations de métro qui portent des noms d’ailleurs : Anvers, Argentine, Babylone, Bir Hakeim, Campo Formio, Crimée, Danube, Iéna, Italie, Liège, Luxembourg, Pyrénées, Rome, Sébastopol, Simplon, Solferino, Stalingrad, Wagram…

Et bien d'autres sur
www.latourex.org

 

Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Décalé
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Dimanche 10 août 2008

Je suis frappé, ne trouvez vous pas que le logo d'Estetika Tour, voyagiste tunisien spécialiste de la "reconstruction de l'hymen" -  ressemble terriblement au nouveau logo de promotion de la destination France ? Clin d'oeil marketing aux récentes décisions de justice qui invitent Mariane à se présenter vierge devant le Maire, représentant municipal de la République ? Inch'allah, chez  www.estetikatour.com/hymenoplastie.shtml,  Mariane n'a pas la poitrine à l'air et son hymen est dûment recousu... ouf la morale est sauvée du côté tunisien - la virginité est retrouvée. Estetikatour est donc un voyagiste à classer dans la catégorie "tourisme éthique". Du côté français, notre mariane passerait même pour une vraie "trainée"...  avec sa poitrine charnue, son sourire aguicheur et la couleur rouge qui rappelerait les rouges à lèvres les plus sensuels...







Fausses vierges, l'industrie du tourisme a donc pensé à vous (qu'elle industrie merveilleuse dites donc...cela s'appele du "marketing de niche"). Pensez donc, prix d'un "package hymenoplastie all inclusive" (ça veux dire "open bar" - on a beau vouloir redevenir vierge, un whisky coca au bar de l'hôtel reste cependant bienvenu) = 1250 €  - à peine !!! Avouez que ce prix modique est un bel incitateur à profiter pleinement de sa vie sexuelle post-pubère et pré-mariage.
Merci Estetikatour pour votre forte contribution à l'épanouissement sexuel avant mariage et vôtre politique de coûts bas accompagnant pleinement la libération sexuelle de la femme. Une réserve cependant,  vos coûts modiques sont de vrais incitateurs à la débauche avant mariage. Là vous allez très loin dans l'incitation à la luxure et dépravation. Mais puisque les "autorités" touristiques (Syndicat National des Agents de Voyages et Office du Tourisme Tunisiens, Organisation Mondiale du Tourisme garante de la bonne exécution de la "Charte du Tourisme Ethique" ..) ne trouvent rien à redire, je prends acte. Je m'incline...

Machos crétins et  soumises (voir PS1* - bougez vous les filles ! Où sont les passionaria qui sommeillent en vous ? Débout ! Réveillez-vous ! Révoltez vous ! La liberté ne se demande pas, elle se conquiert!) de tous pays 
www.estetikatour.com/hymenoplastie.shtml - ce site est pour vous!

Prochaine étape prévisible : des charters de fausses mais futures vierges sur les lignes de VIRGIN ATLANTIC Paris Charles de Gaulle/Monastir  ?








PS1* : "No one can make you feel inferior without your consent" - Anna Eleanor ROOSEVELT
"Je me révolte, donc nous sommes" - Albert CAMUS

PS2. Estetika Tours n'a rien inventé -  en effet, il y a environ 2000 ans, au tout début du tourisme, une touriste vierge fit le voyage de Judée pour Bethléem  dans une chambre d'hôte très très sommaire car mal chauffée où bon nombre d'animaux se sont tapés l'incruste : boeuf, âne, cafards, ... (nous n'avons pas retrouvé le nom du tour-opérateur de l'époque, il a du faire faillite). Bien que mère de famille, elle resta pourtant vierge pour la postérité... Certainement l'effet de 3 mages chirurgiens venus du désert tunisien...

Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Coup de gueule
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Samedi 9 août 2008

Le Chemin de Saint Jacques de Compostelle a mis sur la route, dès la fin du XIème siècle, des milliers d’hommes et de femmes en quête d’absolu. Il demeure aujourd’hui l’une des aventures humaines les plus étonnantes pour quiconque cherche à vivre une expérience de retour sur soi ou de spiritualité. Faire le vide dans la solitude nourrissante de paysages grandioses ? Retrouver, au fil de ses pas, le plaisir simple et naturel d’avancer ? Réfléchir ? Méditer ? Se ressourcer ? Se rencontrer ? Quelles que soient les motivations, la "Via Podiensis", au départ du Puy-en-Velay répond pleinement à cette quête de silence, de dépaysement et d’horizons lointains. Des quatre grandes routes décrites dès le XIIe siècle pour rejoindre le sanctuaire espagnol de Saint-Jacques de Compostelle, c’est en effet le plus beau chemin. Depuis Le Puy-en-Velay, les trois premières étapes offrent notamment l’assurance d’une échappée hors du temps, au rythme d’un relief tour à tour tourmenté ou apaisé et d’une nature toujours préservée.

Le "Compostelle de Luxe" au Relais & Chateaux "Les Deux Abbesses": propose une initiation épicurienne et iconoclaste à ce chemin mythique par l’un de ses plus beaux tronçons - sans la sulpicienne promiscuité des lieux de sommeil traditionnels (ronflements intempestifs, punaises de lit, sudations malodorantes…) ; les casse croûtes sans saveur, ni la charge des bagages ou de la logistique !

Bien au contraire ! Le matin, vous quittez le refuge singulier du Relais & Châteaux  Les Deux Abbesses, un ancien prieuré propice à la sérénité et à la méditation pour rejoindre en taxi le lieu de départ de votre étape. Après la marche et la revigorante pause pique-nique préparée par  Laurence PERCEVAL, la "fée" maitresse des lieux, il vous reste l’après-midi pour atteindre tranquillement votre point d’arrivée. La suite s’accomplit sans fausse note, dans la stimulation de tous vos sens, de retour à Saint Arcons en taxi: vous rejoignez votre maisonnette pour un bain tisanier relaxant, suivi d’une délicieuse séance de massage de relaxation ou de réflexologie, puis d’un dîner aux chandelles au château. Bonne nuit ! Une nouvelle étape vous attend demain...Pour en savoir plus sur l'un de mes plus beaux coups de coeur hôteliers : www.lesdeuxabbesses.com

Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Pub et copinage
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Dimanche 13 juillet 2008
Témoignages on-line sur www.koryogroup.com- agence on-line spécialiste de la Corée d u Nord.... Pour ma part, je n'ai rien à rajouter.

"A trip to North Korea is the greatest possible adventure, there is simply nowhere as amazing, if you do not visit you are missing out…but until you have been it is difficult to tell just how mind-blowingly wonderful it all is!"

Andy Kershaw BBC Radio 3, on his 4th visit to North Korea with Koryo Tours for his music tour, November 2003 .


(From a US tourist - August 2007)
Dear Hannah, A million thanks for the tour to the most fascinating country in the world! It was all I dreamt it would be and much more. I really appreciate your time and patience in making the trip truly enjoyable, memorable and educational. I hope to travel with Koryo Tours again in the future.
Please send my thanks to Simon and Nick as well.
Thanks!!!!! 

    
Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Décalé
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Dimanche 6 juillet 2008

 

Fumeuse, intrigante voire inquiétante la multiplication récente de nouveaux clercs dans leurs chapelles parfois dogmatiques, souvent prétentieuses et sures d’elles même pour décrire une réalité touristique à leur yeux fort insatisfaisante et prétendre la changer via de nouveau concepts et produits dans l’air du temps tels le « Tourisme équitable », le « Tourisme éthique », le « Tourisme solidaire », « Tourisme durable ». Intentions louables dans leurs fondements à priori – je suis comme eux, j’aspire pleinement en intentions et en actes via mes pratiques touristiques à la paix dans le monde, l’éducation, la richesse et la santé pour tous les humains dans un environnement préservé de la folie des hommes sauf que choisir de s’autocélébrer et se présenter comme adeptes et promoteurs du « Tourisme éthique », « Tourisme équitable » ou « Tourisme solidaire », « Tourisme durable », revient par la même à créer les catégories opposées - par lesquelles les non-adeptes de la "bien faisance" touristique sont par oppositions et non adhésion censés se caractériser et se ranger logiquement.

Ceux qui  n’ont jamais acheté de leur vie un produit labellisé et auto-proclamé « Tourisme éthique », « Tourisme équitable » ou « Tourisme solidaire », seraient donc des vacanciers adeptes du « Tourisme immoral », « Tourisme égoïste » ou « Tourisme inéquitable» , « Tourisme éphémère »? Crée r et promouvoir ces notions en mon sens moralisantes revient à désigner les « purs » et les « nobles » d’âme et d’action d’un coté et les « salauds » et « vils » de l’autre. Mais que fait le parlement, que fait la police ? Si les soucis dénoncés par certaines de ces nouvelles mouvances touristiques n'étaient pas aussi graves, le "Code du Tourisme" n'aurait-il pas changé radicalement la donne à coup de Lois, Décrets contraignants et peines sévères ? Puisque non, j'en déduis que l'heure n'est pas si grave...je fais encore confiance en la sagesse du Parlement et réalisme de la Justice... Souvent, je rêve de poser les questions suivantes à certains activistes de la noble cause moralo-touristique. Dans leurs réponses (ou plutôt non-réponse), l'euro-centrisme joue souvent à plein. 

·         Les militants d’un tourisme chez l’habitant en Mauritanie ouvrent-ils la porte de leur appartement parisien aux touristes coréens ou émiratis de passage ?

 

·         Les tentes de SDF sur les bords de Seine à 300m du « George V » suscitent-elles les mêmes indignations que les favelas à proximité du centre ville de Rio ?

 

·         Les militants du droit à la découverte du monde pour tous, mettent-ils en œuvre des systèmes de financement de vacances dans l'occident riche pour papous ou roumains peu fortunés ?

 

·         Les moralisateurs stigmatisant le tourisme sexuel entre adultes consentants à l’étranger ont-ils bien mesuré la réalité du tourisme sexuel international dans l’économie touristique parisienne, de la ville d’eau de Châtelguyon ou du camping des Flots Bleus à Palavas ?

 

·         Les acheteurs de « packages » certifiés tourisme éthique et durables en forêt amazonienne ont-ils traversé l’Atlantique en kayak ou en montgolfière pour limiter au mieux l’émission de Carbonne ?

 

Dans les années 30, mon grand père alors pauvre paysan avec une famille à nourrir dans les Alpes fermées au monde extérieur et aux modes de vie rétrogrades, a fait le choix de changer radicalement sa vie en une génération à peine pour être acteur à pleines dents du  tourisme de masse globalisé et pour grande partie financé et piloté par des pays voisins alors beaucoup plus riches. Pour ma part, je ne suis pas né comme mon père dans une ferme misérable mais dans un hôtel. Deux générations plus tard, je pense donc toujours à lui avec grand respect et reconnaissance lorsque au nom de l’éthique, de la durabilité, de la préservation d’us folkloriques et des modes de vie traditionnels j'entends encore parfois quelques nouveaux Ayatollahs de  la « bien-pensance » touristique qui déballent leurs  grands principes moralisateurs pour ceux qui tombent dans leurs pièges culpabilisants.  Merci grand père - j'adore ce que ton village www.lesgets.com est devenu et m'a permis d'être.

L’enfer est pavé de bonnes intentions… 
 

« La valeur des vacances, c’est la vacances des valeurs " Edgar MORIN 

Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Coup de gueule
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Dimanche 6 juillet 2008

De l’ère de la représentation simili-touristico-diplomatique, la majeure partie des Offices du Tourisme Nationaux évoluent depuis une décennie – et avec bonheur pour l’industrie (TO, distribution, aérien,…) - vers des comportements d’officines de marketing. En 2018, les Offices Nationaux du Tourisme tels que nous les connaissons depuis le siècle dernier avec vitrines, comptoirs et brochures auront disparus. La globalisation de la désormais 1ère industrie mondiale aura alors pleinement fait son œuvre.

 

L’époque pendant laquelle tout au plus 50 destinations majeures dans le monde se battaient pour recueillir les faveurs des vacanciers de quelques tout au plus 20 marchés majeurs en Europe, Amérique du Nord et Asie du Nord Est est d’ores et déjà révolue.

 

En 2018, le nombre de territoires (villes, resorts, régions, pays, regroupement d’états, …) affirmant pleinement une vocation touristique et ayant pertinence marketing à promouvoir leur « marque destination » aura encore considérablement augmenté. Si le « gâteau » mondial à partager est de 900 millions de touristes aujourd’hui, il sera de plus d’1 milliard et demi en 2018 affirme l’OMT. Imagine t’on des scenari moins optimistes dus à l’augmentation du coût de l’aérien ? Si oui, alors la « guerre » marketing entre destinations n’en sera que plus rude pour séduire les voyageurs internationaux « happy few ». Parallèlement, l’affirmation d’économies émergentes en Afrique, Asie et Amérique du Sud, … rentrant à leur tour dans l’ère des loisirs multipliera le nombre de marchés émetteurs intéressants à travailler (globalement ou sur des niches très spécifiques) et donc d’opportunités de capter de nouvelles clientèles.

 

En bref, l’offre de destinations va exploser et la demande mondiale sera encore plus diversifiée géographiquement, segmentée sociologiquement, complexifiée technologiquement, zappeuse par goûts ou contraintes, … Les budgets de promotion des destinations devront alors se répartir sur un nombre croissant de marchés émetteurs - et il est clair que ces sommes n’augmenteront pas proportionnellement à la multiplication des marchés à considérer. Cette équation comptable ne pourra se résoudre qu’en valorisant les investissements marketing au détriment des charges structurelles. La mutualisation des moyens et l’outsourcing du marketing des destinations à des sociétés privées aux contrats renouvelés sur résultats est donc inéluctable. Depuis 2000, le développement  rapide d’Interface Tourism qui pilote le marketing de plus de 15 destinations (Abu Dhabi, Australie, Kenya, Equateur, Philippines, zone Caraïbes, Navarre, Philadelphie, Taiwan, ……) en mutualisant ses frais de structure et son expertise marché et marketing, illustre parfaitement cette mutation de fond.

  

En 2018, le politique garant du bien commun restera maître du pilotage du marketing stratégique des destinations. Mais,  sous la pression de leur industrie réceptrice aux exigences de yield accrue et de leurs contribuables citoyens davantage attentifs à la bonne gestion de fonds publics, les responsables politiques n’auront pas d’autres choix que d’évoluer vers des structures de promotion plus souples, efficaces, adaptables, véloces, investies pleinement de la culture du retour sur investissement….Ces structures devront être aptes à gérer la complexité des marchés, des opportunités, des risques et incertitudes. D’un marketing statique géographiquement mis en œuvre avec les lourdeurs inhérentes aux institutions parfois bloquées par des contingences politiques, structurelles, de management de leurs personnels, les destinations évolueront vers un marketing tactique, décomplexé, opportuniste, yieldé dans le temps et dans l’espace désormais pleinement globalisé. Dans ce nouveau monde où le marketing de la demande des marchés prendra pleinement le pas sur le marketing de l’offre des destinations, l’arme de la guerre sera alors l’ « intelligence marché », la souplesse et créativité des structures locales.

 

En 2018, une petite poignée de réseaux internationaux de sociétés spécialistes du marketing de destinations se partageront la conception et mise en œuvre du marketing global (stratégie, RP, salons, publicité, web, développement commercial, événementiel, formation, animation de la distribution, hotline consommateurs, lobbying, communication de crise, e-learning,…) des « destinations marques » du monde entier. Ces réseaux concurrents faisant l’interface marketing entre les destinations et les marchés n’auront d’autres choix pour conserver et gagner des destinations clientes de se livrer à  une course à l’innovation technologique, à la formation marketing et relationnelle de leurs collaborateurs experts, à l’ «intelligence marché », à la négociation de deals marketing avec des acteurs eux-même globaux (GDS, groupes de presse, organisateurs de salons, marques mondiales pour co-branding, moteurs on-line…). Ils apporteront ainsi une offre globale, flexible et aux effets mesurables pour leurs clients institutionnels. Les Administrations Nationales du Tourisme désormais affranchies des tentations du politiquement correct, du consensus mou, des non-choix stratégiques, des lourdeurs administratives et de dérives de dépenses parfois inconsidérées joueront alors pleinement leur rôle de catalyseurs de richesses pour leur industrie réceptive et les populations des pays concernés. En 2018 (et certainement bien avant !), tous les Offices du Tourisme auront alors fait leur révolution. Les groupes mondiaux spécialistes du « marketing destination » auront alors créé un nouveau métier pleinement reconnu, compris et respecté : celui d’interface entre destinations et marchés…. bien loin du métier artisanal de « représentant » de destinations ou d’« ambassadeurs d’opérette » en référence à la mythique « avenue des voyages » de l’Opéra devenue en 2018 vide de trop coûteuses vitrines touristiques
Par Philippe MUGNIER - Publié dans : Marketing
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"Le seul véritable voyage n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux"
Marcel PROUST

"Il n'y a d'homme complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie"
Alphonse de LAMARTINE

"Quand on ne veut qu'arriver, on peut courir en chaise de poste ; mais quand on veut voyager, il faut aller à pied"
Jean-Jacques ROUSSEAU

"Il n'y a qu'une espèce valide de voyages, qui est la marche vers les hommes"
Paul NIZAN

"Voyager ne sert pas beaucoup à comprendre mais sert à réactiver pendant un instant l'usage des yeux : la lecture du monde"
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"Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis mais non pas ce que je cherche"
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"Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même"
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Oeuvres de Philippe MUGNIER

Sélection d'oeuvres d'un artiste homonyme
 
www.philippe-mugnier.com 
de grands talents, à l'esprit voyageur et
également professionel du tourisme à Etretat

Ses chambres d'hôtes sont tout habitées de l'esprit de
Guy de Maupassant et de Gustave Courbet
http://www.hws.fr/encart/lachaufferette.htm

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